23 décembre 2010

Ivoire noir

Filed under: Romans — Mots-clefs :, , , , — Marilyne @ 16 h 05 min

Ivoire noir / Arne Svingen

Éd. Du Rouergue coll. DoAdo monde

Sam est libérien et a fui l’Afrique pour la Norvège dans des conditions mystérieuses. Il se lie d’amitié avec le narrateur. Sam décide alors de partie en Côte-d’ivoire pour retrouver sa mère. Les deux amis trouvent un moyen (pas très honnête)  de financer de l’argent et partent à l’aventure. Mais la Côte d’ivoire est en plein conflit intérieur : et les deux jeunes adultes vont se retrouver au nord dans les territoires rebelles.

Le narrateur au cours du voyage va découvrir un pays africain dont il ignore tout, mais aussi le passé trouble de Sam. Il va aussi apprendre plus sur lui-même que durant les 20 premières années de sa vie.

Ce road-movie à travers la Côte-d’ivoire est haletant. Du début à la fin, il règne une tension dans la narration qui ne laisse présager rien de bon quant au déroulement de l’histoire. Pourtant, malgré la tension les sentiments évoqués sont vrais et les personnages sonnent justes. Sam et son passé d’enfant soldat, le narrateur qui a un œil neuf et naïf sur ce pays et les problèmes socio-politiques de ce continent. Sans concession sur la violence du conflit ou sur les rapports humains dans ce pays, Arne svingen (dont c’est le premier roman traduit en français) donne une image dénuée de clichés du contient africain où la phrase de Malraux résonne « j’ai appris q’une vie ne vaut rien mais que rien ne vaut la vie » in les conquérants

Ce qui est déroutant en revanche c’est le manque d’explication sur le conflit qui anime la Côte d’Ivoire depuis 2002. Ce roman a une résonance avec l’actualité (le résultat des élections du 22 novembre suscitent polémique et affrontement) et donne envie de connaître l’histoire de ce pays longtemps colonie française. Cette résonance est pourtant fortuite puisque le roman fut édité en 2005 en Norvège.

Le regard du narrateur dont on en connaîtra jamais le nom est aussi original puisque nous lecteurs français avons une connaissance du passé colonial de la France alors que lui semble l’ignorer quasi-totalement il n’a donc aucun à priori sur le pays excepté l’idée qu’il s’est fait de l’Afrique à travers le roman de Conrad « au cœur des ténèbres » qui le suivra dans toute l’aventure. Ce que j’ai aimé aussi c’est l’incroyable amitié qui lie les deux jeunes adultes tout au long du voyage pourtant fort éprouvant.

Ivoire noir donne à réfléchir sur le continent africain mais met aussi en avant une très belle histoire humaine.

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