25 février 2012

Un livre à dévorer tout cru!

Filed under: Romans — Mots-clefs :, , — Invite @ 11 h 44 min

 

Une graine en cadeau de Gilles Abier

Édition Actes Sud junior

Igor est un enfant diablement égoïste. Pour ses dix ans, il ne pense qu’aux cadeaux que ses proches vont à coup sûr lui offrir. Mais, voilà, rien ne se passe comme prévu. Son papi confisque tous les cadeaux et, en échange, offre une graine au jeune garçon de dix ans. Le voilà bien désemparé ! Que faire de cette graine qui ne semble n’en faire qu’à sa tête et qui ne pousse qu’en fonction des bonnes actions d’Igor. Notre jeune héros n’a pas fini d’être surpris. Sans aucun doute, sortira-t-il grandi de cette expérience unique.
Une écriture fluide et sensible, des rebondissements : tout, dans cet ouvrage, est réuni pour nous faire passer un vrai bon moment de lecture.

Gilles Abier, l’auteur de cette histoire, est venu à la rencontre de trois classes élémentaires dans les murs de la bibliothèque et a répondu avec un réel plaisir à leurs nombreuses et très pertinentes questions ! Des questions sur le livre « Une graine en cadeau » mais aussi sur le métier d’auteur. 45mn d’un échange riche.
Venez nous voir pour, à votre tour, goûter au plaisir de la lecture avec d’autres œuvres de Gilles Abier, disponible en section jeunesse. Sachez qu’il a aussi écrit des livres destinés aux adolescents. Nous vous attendons nombreux !

écrit par Alexandra

(Source de l’image Wikimedia Commons, Zeus Box )

15 février 2012

Désolation road de Jérôme NOIREZ

Filed under: Romans — Mots-clefs :, , , , — Sebastien @ 13 h 02 min

Désolation Road / Jérôme Noirez

Gulf Stream éditeur

Vous avez lu l’histoire
De June Madero ?
Comment elle vécut
Comment elle va mourir ?
Ça vous a plus hein
Vous en revoulez encore ?
Et bien Ecoutez l’histoire
De June and David

 

Alors voilà
June a un petit copain
Il est beau et son prénom
C’est David
A eux deux ils forment les enfants du crime
Leurs noms David O’Reilly  et June Madero

David and June
David and June

Gayle lorsqu’il a vu June en prison là-bas
C’était un journaliste loyal
Honnête et droit
Il faut croire
Que c’est sa vérité
Qui l’a définitivement chamboulé

David and June
David and June
Qu’est c’ qu’on a pas écrit
Sur elle et lui
On prétend que ce sont des tueurs
De sang froid
C’est pas drôl’
Mais ils  sont bien obligés
De fair’ tair’ Grant
qui s’mettait à gueuler
la seule fois ou un polic’man
S’est fait buter
Qu’un garage, puis 2, puis 3
Se font braquer
Pour la polic’
Ca ne faisait pas d’myster
C’est signé David O’Reilly et June Madero

David and June
David and June

Pourtant une fois
Ils ont essayé d’se ranger
De s’installer tranquill’s
Dans un meublé
Dans les trois jours
Voilà le tac tac tac
Des hommes de Tillbury
Qui revienn’t à l’attaqu’
David and June
David and June

Un de ces quatr’
Ils finiront dans l’ombre
June s’en tape
C’est pour David qu’elle tremble
Qu’elle importanc’
Qu’ils lui fassent la peau
Lui David
aime tant June Madero

David and June
David and June

D’tout’ façon
Ils n’pouvaient plus s’en sortir
couloir de la mort
au bout C’était mourir
Mais plus d’un lecteur les ont suivi
dans cet enfer
Quand sont morts David O’Reilly et June Madero

David and June
David and June

A lire très vite pour être imprégné par l’Amérique sous la grande dépression, l’époque des gangster, de la prohibition. On s’y croirait !

source de l’image Flickr / Georg Schwalbach

2 jours pour faire des thunes, Hamid Jemaï

Filed under: Romans — Mots-clefs :, , , — angelique @ 12 h 59 min

Editions Sarbacane, collection Exprim’


Univers de la mafia, argh!!! il ne faut pas prononcer ce mot au risque d’avoir d’énormes problèmes avec Goulag, le chef de la m… en question, un russe pas très sympathique !

Micklo a 23 ans, il ne fait rien de sa vie, et du coup pour gagner de l’argent facilement il joue illégalement au poker, sauf qu’il perd beaucoup plus qu’il ne gagne et doit du coup 20 000 à Goulag ! Garrrbit, le « gorille » de ce dernier, met la main sur Micklo pour récupérer l’argent qu’il doit. Mais Micklo va être malin, non seulement il va échapper à Garrrbit, mais il va en plus lui dérober son argent, déjà 8000 de récupéré !

Mais comment récupérer les 12000 qui reste ? Et pourquoi pas un braquage au KFC comme dans le chanson de Disiz La Peste qui « pète les plombs » au guichet de McDo, même scène !

Là aussi ça tourne mal, alors Micklo ne voit plus qu’une seule solution, faire appel aux siens, ses tontons, retourner au camp de gitans dont il s’est enfui quelques années plus tôt. Mais il ne va pas être bien reçu…et ce sera alors pour lui l’occasion de commencer une nouvelle vie…

Une joie de retrouver Hamid Jemaï après son excellent 1er roman  Dans la peau d’un youv (collection exprim’). Toujours ce franc parler de la banlieue, une écriture orale, rythmée, de l’humour, des situations improbables et cocasses. Un narrateur qui en fait des tonnes, qui nous interpelle, « qui se la raconte » ! Un très bon moment de lecture.

Et comme toujours dans la collection Exprim’ une bande-son impeccable pour accompagner le texte.

(Source image, Wikimedia Commons, Logan Ingalls)

 

9 février 2012

Richard Yates de Tao Lin

Filed under: Romans — Mots-clefs :, , , , , — angelique @ 13 h 53 min

Richard Yates,  TAO LIN , Le Diable Vauvert, 2012

Tout est dit dans le récit, absolument rien de ce qui se passe dans la tête des 2 personnages n’est pas retranscrit. Tout ce que chacun d’entre nous n’oserait dire à l’autre est dit !
On peut dire que Dakota Flemming et Haley Joel Hosment se sont trouvés, tous les deux paumés et dépressifs, leur rencontre sur le chat’ est une évidence. Il ne peuvent eux-mêmes définir leur relation, sorte d’amitié amoureuse, très vite accrocs l’un de l’autre ils ne peuvent pas ne pas se voir. Le problème, tout de même, est que Dakota est mineure, 16 ans et Haley lui en a 22, il est donc interdit par la loi qu’ils aient des relations sexuelles. C’est pourquoi ils se voient en cachette, sans que la mère de Dakota le sache pour ne pas qu’elle prévienne la police.
Petit à petit leur relation va se dégrader, leur couple est de plus en plus fragile car Haley est de plus en plus exigent envers Dakota, et celle-ci se sent alors de plus en plus mal.

 

Ce qui est étonnant dans l’écriture de Tao Lin, en plus du fait qu’il retranscrit mot à mot les pensées de ces personnages, c’est  qu’on passe aussi bien de l’absurdité de leur comportement ou de leur réflexion à une réelle prise de conscience de leur situation, leur relation, de la société dans laquelle ils vivent, avec des passages très pertinents. Il n’empêche qu’il faut tout de même s’accrocher dans la lecture, même si elle est rapide car le style est très simple, on s’ennuie parfois !

Pour info  Dakota Flemming et Haley Joel Hosment sont le nom de jeunes acteurs américains,  enfants stars du cinéma.

(Source image Wikimedia, Rajeshodayanchal)

 

Le dernier contingent, Alain Julien Rudefoucauld

Filed under: Romans — Mots-clefs :, , , , , — angelique @ 13 h 50 min

« Les enfants de la malchance » ou le récit de six adolescents pendant douze semaines dans la région de Bordeaux.

Sylvie : son père, ancien gendarme, s’est jeté un matin par la fenêtre, ne supportant plus que sa femme soit en couple avec son propre frère. Sylvie s’occupe alors de sa petite sœur Arlette, 10 ans, mais elles vont se faire  agresser.

Xavier : Il a 15 ans et non 17 comme les autres, c’est un copain de Marco. Seul son papy et leurs parties de pêche comptent dans sa vie. Il est arrêté pour avoir volé des bandes dessinées au festival d’Angoulême. Ses parents, tous les deux profs de philo, n’en ont rien à faire de lui.

Thierry et Marco : Deux amis inséparables, qui s’occupent de Cécile, la petite sœur de Thierry. Ils passent leur temps dans le bar avec le papy de Cécile et Thierry. Marco est souvent comparé à Lennie de Steinbeck car il est grand et fort. Tous les deux ont aussi un lourd passé, Xavier toujours envoyé en colonie où les moniteurs abuseront de lui et Thierry qui élève quasiment seul sa petite sœur, car depuis que leur père est mort, la mère est dépressive. Un jour ils se retrouvent bloqués dans une manif’ très violente où la mort va sceller leur destin.

Malid : Il se prostitue à la gare, les éduc’ sont toujours à sa recherche, il est même envoyé  dans un foyer de clochards. Il rencontre Manon, un véritable coup de foudre! Il comprend très vite qu’elle aussi est prostituée. Malid auparavant était en famille d’accueil, où il a connu l’inceste, c’est pour cela qu’il se prostitue désormais car il ne sait rien faire d’autres dira-t-il à Manon.

Manon : Sa vie est aussi celle de la prostitution, elle est cliente des personnalités les plus riches de Bordeaux.
Les six vont se retrouver à un moment du récit dans le même commissariat puis envoyés dans un centre, certains se connaissent déjà, comme Marco et Xavier à force de fréquenter les foyers. Ils sont envoyés sur l’île des Tirants. Mais Manon s’échappe, alors les cinq autres partent la chercher mais tout va basculer…
Ils sont alors convoqués au tribunal, réussissent à s’échapper, et partent se cacher sur l’île des Tirants.
Leur passé les rattrape, et peu s’en sortiront indemnes…

Un récit très violent, très dur, une lecture difficile car les phrases sont courtes et le style très oral. L’auteur a choisi de retranscrire mot pour mot les pensées de ces jeunes.  La description des personnages n’est pas linéaire ce qui est déroutant et fait que l’on mélange un peu la vie des personnages.

Ce livre n’est pas à mettre entre toutes les mains, car la violence, la maltraitance, et la folie sont omniprésents, c’est même parfois trop, on se demande souvent jusqu’où ça va aller.
Cependant une réelle performance de la part de l’auteur pour décrire aussi bien le désarroi et les sentiments de ces jeunes, un message aussi certainement sur la fatalité, quel espoir pour des jeunes qui ont si mal débuté leur vie face à une société qui n’est jamais de leur côté?

(Source image Wikimedia, Cephas)

28 janvier 2012

ELLE S’APPELAIT SARAH de Tatiana de Rosnay

Filed under: Romans — Mots-clefs :, , — Invite @ 11 h 40 min

Elle s’appelait Sarah de Tatiana de Rosnay

éditions livre de poche

Ce livre écrit par Tatiana de Rosnay, publié le 1er mars 2007, a connu un grand succès auprès des lecteurs. Il s’est poursuivit avec son adaptation au ciné avec une réalisation de Gilles Paquet-Brenner.

Ce livre raconte deux histoires :

D’une part, l’histoire de Julia Jarmond, une journaliste d’origine américaine qui doit couvrir la commémoration de la rafle du Vélodrome d’hiver (Vel d’Hiv). Petit a petit, elle va davantage s’intéresser aux déportations et à l’extermination des juifs.

D’autre part, l’histoire d’une petite fille nommé Sarah, portant l’étoile jaune. Elle va se faire arrêter elle et toute sa famille, prise de panique elle cache alors son frère dans une armoire en lui promettant de revenir.

Deux  histoires que tout séparent au départ mais qui à la fin n’en feront qu’une.

Ce livre m’a plu car c’est un fait historique, très bien décrit par Tatiana de Rosnay, j’ai bien aimé aussi la méthode que l’auteur a choisi pour présenter ce livre (la séparation entre les deux personnages principaux).

Par Hakim, invité sur le blog, 15 ans

SHIFT de Ange et Henri Loevenbruck

Filed under: Romans,Science-fiction — Mots-clefs :, , — Invite @ 11 h 33 min

SHift de Ange et Henri Loevenbruck

éditions Intervista

Les jumeaux Michaël et Laura ont 4 ans quand ils prennent la route, brutalement et sans explication, avec leurs parents. Il fait nuit et ils sont partis en précipitation de leur maison. Après des heures et des heures de route, la voiture dérape et termine sa course dans un fossé. Black-out… Ailleurs, un compte à rebours se déclenche : le SHIFT.

Les deux jumeaux sont alors placés dans un orphelinat car seuls les enfants ont survécu mais ils sont frappés d’une légère amnésie concernant l’accident.

Un jour, alors que les jumeaux sont âgés de 14 ans, des hommes en noirs (les « CORBEAUX ») débarquent et sèment la terreur dans l’orphelinat.

Michaël et Laura se découvrent un passé noir qui renferme bien des mystères, et les Corbeaux sont venus pour terminer le travail resté inachevé depuis  10 ans.

Ils vont également s’apercevoir qu’ils ne sont pas comme les autres: rêves prémonitoires, d’étranges et dangereux personnages les poursuivent sans relâche…

Ce roman mélange science-fiction et policier. C’est vraiment super car il y a toujours du suspens, de l’action, sans oublier des énigmes que le passé brumeux des jumeaux impose. Michaël et Laura feront face à des hommes sans merci qui ne reculent pas devant le meurtre pour arriver à leur fin. La traque commence et ils vont devoir risquer leur vie pour s’en sortir…

Floriane, invitée sur le blog, 15 ans

(Source image: Arthur Chapman, Wikimedia creative commons)

21 janvier 2012

STROM d’Emmanuelle et Benoît de Saint Chalmas

Filed under: Romans,Science-fiction — Mots-clefs :, , — Invite @ 11 h 56 min

Strom d’Emmanuelle et Benoît de Saint Chalmas

2 jumeaux Raphaëlle et son frère Raphaël allaient à l’école. Ils ont tout les deux 12 ans.

Sur le chemin du retour du collège, ils sont agressés . Ils ne veulent pas se défendre et rentrent chez eux. Et plus tard dans l’aventure, il va se passer des choses bizarres… Ils rencontrent une personne qui est membre de la confrérie des chevaliers de l’insolite. Il leur explique l’existence du strom et veut leur apprendre à l’utiliser. C’est un pouvoir qui se passe dans la tête. Le strom  est télépathique. Avec lui on peut devenir invisible, il aide à développer les 5 sens…La société se trouve sous le Louvre et elle forme des jeunes au strom pour ensuite battre des forces invisibles. Petit à petit, ils vont apprendre de plus en plus à le maîtriser et ça va les aider dans leur vraie vie. Pour affronter leur peur…

J’ai lu le Strom tome 1 et je le vous conseille vraiment.  Pourquoi ? C’est un bon livre avec une aventure de science fiction dans des lieux réels. De plus, il faut lire le roman entièrement pour comprendre toute l’histoire. Il y a beaucoup de suspens dans le livre.  En tout cas moi, je n’arrivais pas à m’arrêter quand je savais qu’il allait se passer un truc juste après. Il fallait que je le continue . On ne peut pas s’arrêter au milieu du livre parce que l’on n’a pas compris. Il faut lire la suite pour comprendre le début. En plus, il n’y a pas d’exagération comme on peut s’y attendre.

Article rédigé par Ervic

 

 

17 janvier 2012

0.4 de MIKE A. LANCASTER

Filed under: Romans,Science-fiction — Mots-clefs :, , , — Sebastien @ 11 h 26 min

0.4 / Mike A. LANCASTER

Editions Nathan, (blast)

 

La première page de ce roman est explicite. Rien n’est plus comme avant. Rien n’a jamais été comme avant. Ce document que vous détenez est un livre. Ce livre demande un effort particulier : la lecture. Cette lecture n’est pas nocive, elle demande juste un léger effort d’adaptation. Pas d’effet secondaire. Ce livre est une curiosité restituant la parole enregistrée de Kyle Straker. Encore une bizarrerie ! L’enregistrement sur K7, une technologie archaïque, a survécu au temps. Sur cette bande Kyle y raconte une histoire, son histoire. Depuis la découverte de cet enregistrement la communauté scientifique est perplexe. Que sommes nous vraiment ?

 

L’événement annuel de la petite ville de Millgrove est annoncé. Un grand concours de tout et n’importe quoi, une sorte « d’incroyable talent » rural. Danny est fin prêt en innovant avec un grand numéro d’hypnose. Ses cobayes ? Sa sœur et puis ses amis. Le jour de la représentation tout s’annonçait normalement. Musique, costume, cotillons et flonflons mais lorsque les 4 volontaires pour l’expérience se réveillent l’assemblée s’est figée. Immobiles, les corps inertes, les familles, les amis, les connaissances, toute la communauté semblent avoir intégré un tableau de Munch.

 

Mrs O’Donnell, le vieux Mr Peterson, Lily et Kyle sont seuls au monde.

 

Dans l’air de drôles de vibrations, sur des écrans d’ordinateur un affichage étrange.

 

Et lorsque la communauté revient subitement à elle Kyle et Lily perçoivent qu’ils ne sont plus désirés. Des intrus ? Des étrangers ? Non, pire : des virus. 0.4% de rescapés seulement.

 

Quel bon roman de SF ! Du rythme, de l’humour, du suspens, de l’originalité ! C’est un vrai bon moment de lecture. La forme même du roman avec de nombreux encarts explicatifs sur la société archaïque du début du XXIè siècle façon annotations de thèse est jubilatoire. Et puis la raison, sans ne pouvoir en écrire plus, est très inattendue !

 

Êtes-vous vraiment prêts à en savoir un peu plus sur nous même ? Êtes-vous certain de regarder sciemment votre écran d’ordinateur ? Allez un petit clic, juste un dernier…

 

 

7 janvier 2012

ADOPAGE le club : sélection « Thriller fait moi peur »

Filed under: Bandes dessinées,cinéma,les RDV du club adopage,Romans — Mots-clefs :, , , , , , , — Sebastien @ 16 h 35 min

Petite sélection d’Angélique et de Sébastien pour vous donner envie d’avoir peur. Des histoires sombres, très sombres.

 

Stephen King, Simetierre (et autres titres),

Stéphen King est le Maître  incontesté du roman d’horreur, de frisson, d’épouvante. L’homme qui est le responsable de vos cauchemars, ce chorégraphe de danses macabres, n’a cessé de donner la chair de poule à des millions de lecteurs. Chien enragé, voiture habitée, maison hantée, pouvoirs occultes, revenants (pas contents), clown (pas content non plus), ado maltraitée rien ne nous est épargné pour basculer dans l’horreur absolue.

La force de cet écrivain est de nous plonger dans l’âme torturée de ses personnages, de nous permettre sournoisement de les incarner, de se les accaparer et de subir avec eux les pires tourments.  S’identifier à eux c’est prendre un risque de sombrer dans la folie, de perdre ses repères entre le bien et le mal, de franchir une frontière en prenant le risque de ne pas en revenir indemne.

La bibliographie de Stephen King est importante et le plupart de ses publications restent un événement littéraire. A tout ceux qui prétendaient qu’il ne s’agissait que d’un sous genre de la littérature il faut leur dire de bien consulter les programmes de littérature enseignée aux Etats-Unis. Parmi les auteurs contemporains étudiés figure bien un Stephen King. A moins qu’il ne s’agisse encore que d’un vilain tour de l’auteur qui nous a entraîné collectivement dans un immense songe aux contours effrayants. Misery avait bien raison de se méfier de son auteur favori.

Mes romans préférés sont le fléau (mon tout premier livre à plus de 800 pages), Shining, Marche ou crève (en fait la télé réalité n’a rien inventé !), Carrie (un de ses premiers textes), la Part des ténèbres, la Tempête du siècle et puis les Tommy, ça et enfin… bref pratiquement tout ! sauf Dôme que je n’ai pas encore lu.

Preuve encore du talent de l’auteur et de la force de son écriture sur notre imagination ? Rarement la télé et le cinéma n’ont réussi à mettre en image ces textes. La plupart des adaptations sont (pour moi) ratées. Sauf… Shining bien sur ! Flippant !

 

Junji ITO, Spirale

Elle est partout. Insidieuse mais présente. Dans vous, à côté de vous, sur vous. Derrière. Elle vous guette, elle vous scrute elle vous enveloppe. Elle vous hypnose. Qui ? ou quoi ? elle : la Spirale. Et là vous vous dîtes il a raison ! Elle est partout ! Dans la nature, dans la décoration, dans l’architecture, dans l’art, dans vos empreintes génitales. Omniprésente elle attend. Patiemment. Jusqu’au jour où.

Ce jour est arrivé. Dans une ville reculée de la campagne japonaise du nom de Kurouzu les gens ne sont pas vraiment heureux. L’ambiance y est lourde, les esprits constamment inquiets. Il se passera quelque chose les habitants le perçoivent bien. Tôt ou tard. Kirie Koshima observe d’étranges événements. Le père de son petit ami semble obsédé par une forme. Son obsession vire à la folie. Comme lui d’autres sombrent dans l’observation, dans l’obsession, dans la frayeur, dans l’irraison. Et puis cette chose agit sur les hommes. Ils modifient leur comportement, et même  changent physiquement. Et pas qu’un peu. Des coquilles percent sur les dos, des yeux sortent de leurs orbites. Ils deviennent peu à peu des gastéropodes. Normal ! Regardez la coquille d’un escargot ! On y trouve une belle spirale. Elégante et menaçante. La ville est attaquée. Et rien ni personne n’y résistera.

Dans le genre kowai manga (manga d’horreur) Jungi Ito excelle. Une imagination débordante nous glace avec des illustrations qui donnent le tourbillon au lecteur. Hypnotisé par cette histoires de courbe il est difficile de s’écarter de la ligne crayonnée de ce mangaka.

Kazuo Umezu, L’école emportée

Kazuo Umezo n’est ni plus ni moins que le Dieu du manga d’horreur. C’est dire l’efficacité avec laquelle il peut nous infliger nos pires malaises.

Avec l’école emportée le mangaka met en scène toute une ribambelle d’enfants très jeunes pour nous dresser un effroyable constat de ce qu’est devenue la société. De ce qu’est devenu l’Homme. Pour Kazuo un homme mauvais est avant tout un enfant mauvais. Et il ne se prive pas dans l’échelle de l’horreur pour nous raidir d’effroi.

L’histoire débute par un événement surnaturel. L’école primaire a été emportée. Déplacée ? Vers où ? Déplacée ou l’entourage de l’établissement s’est volatilisé ? Comment déterminer cette anomalie. Impossible de sortir, de se rendre compte. Aucune visibilité, pas une trace de vie en dehors du périmètre de l’école. Il n’y a plus rien hors de l’école.

Alors dans l’enceinte que reste t-il ? Des enfants. Nombreux et des adultes référents et responsables. Des profs, des administratifs protecteurs pour rassurer les enfants ? Et bien non ! À l’inverse la folie s’empare des esprits des adultes alors que d’autres préféreront le suicide.

Dans cet inextricable chaos les enfants doivent s’organiser pour combattre les quelques adultes restants, pour survivre, pour se donner du temps pour comprendre ce qu’il s’est passé.  Rivalités, haines, crispations, les enfants s’opposent avec une violence inouïe. Cette « guerre des boutons » version gore est terrifiante.

Horreur, angoisse, violence, cruauté ce manga est sombre. Très sombre. Et si cette école avait été projetée dans notre futur ? Très flippant !

 

Claudine Galéa, Rouge Métro

« Attention ce train est terminus, tous les voyageurs descendent de voiture », peut-être…

Prendre un métro est le mode de transport le plus pratique qui soit à Paris et en très proche banlieue. Se déplacer d’un point A vers un point B avec ou sans correspondance. Pour passer le temps du trajet, on s’occupe, on y lit, on y sommeille. Coupé du monde dans les couloirs puis dans les tunnels on s’y sent seul aussi. On s’observe, se dévisage, on écoute les annonces automatisées du haut parleur dont le « méfiez vous des pick pocket » qui provoque le réflexe de mettre sa main contre son portefeuille histoire de vérifier…. Dans cet endroit où règne l’individualisme, on peut perdre toute humanité en devenant indifférent, insensible, « à vot’ bon cœur M’sieurs Dames… », on n’écoute plus.

Ce jour là, Cerise, toute de rouge vêtue, prend son métro. Ce jour là, comme elle aime le faire, elle observe et contrairement à la majorité des voyageurs, ose dévisager les âmes souvent fatiguées, sombres et inquiètes des voyageurs qui l’accompagnent. Ce jour là elle a vu les yeux de cet homme, de ce SDF. Ce jour là, elle a deviné la fureur, la haine. Ce jour là, le rouge sang s’est invité.

Ce roman ose aborder rudement les thèmes du rejet, de l’exclusion, de la misère. Il est terriblement dérangeant et gênant mais il oblige à la réflexion.

 

Brigitte Aubert, Scènes de crimes

Des nouvelles originales, surprenantes, voire flippantes:

Dance floor
Règlement de compte en boîte de nuit sous fond de trafic de drogue.

L’antre
Ou comment échapper à un ogre bipolaire…

O tempura O mores
Le grand succès d’un restaurateur grâce à l’ingrédient secret de ses fameux beignets

Le centre
La triste vie des volailles vue de l’intérieur

L’ascenceur
Une jeune femme qui n’a pas froid aux yeux, même face à un terroriste

Hors forfait
Communication avec l’au-delà, ça capte le portable six  pieds sous terre?!

(G)rave party
La Toussaint, journée des morts, pris au pied de la lettre

Double voie
Voir la mort d’en face

Tueur en série
« Il ne faut pas réveiller le chat qui dort… »

Autant en emporte le vampire
Les vampires aiment aussi lire des histoires d’humains !

Quinze partout
Des ados qui font froid dans le dos…

 

Michel Honaker, Le Commandeur : Le cachot de l’enfer

Les occupants du quartier disciplinaire du pénitencier de Salt Hills ne sont pas des tendres. Et quand le sol semble se dérober sous leurs pieds, la révolte gronde.

Le FBI intervient, le phénomène semble être d’ordre surnaturel, Lamberto Camelli chargé de l’enquête, va alors contacter Ebenezer Graymes, le commandeur, sorte de régulateur du monde magique, initié au commerce avec les démons, les enchantements et la sorcellerie,  qui va s’infiltrer dans la prison en tant que prisonnier pour comprendre ce qui s’y passe.

La prison fait alors appel à un groupe de militaires spécialisés en spéléologie pour descendre voir ce qui se passe dans cette sorte de faille de boue qui empeste la mort ! Mais Camelli rend visite à Graymes pour le prévenir que c’est plus dangereux que prévu car en fait il y a des disparitions depuis plus d’un siècle sur ce terrain, bien avant la construction de la prison sauf que ceci est classé confidentiel, la police le sait mais rien ne doit se savoir.

Un orage monstrueux éclate, la prison est très vite inondée et grâce à Graymes les prisonniers du quartier D peuvent être sauvé. Puis Graymes descend dans les profondeurs pour aider les spéléologues à s’en sortir il rencontre alors IL, « l’habitant » mystérieux et nauséabond de la faille boueuse…

 

Magnus Nordin, La princesse et l’assassin

Dans une ville de suède, un jeune homme qui rentre d’une fête est raccompagné par un homme en voiture, quelques jours plus tard son corps sera retrouvé dans une déchetterie…Voilà la première partie du livre, on passe alors à Nina qui a déménagé une fois de plus, à Norra Soderbro, un quartier de la banlieue de Stockholm, elle est en première. Dans sa nouvelle classe elle est parrainée par Lenita, jeune fille bourgeoise qui contre toute attente semble sincère dans son amitié envers Nina. Nina devient amie également avec un garçon de sa classe, Markus, son voisin. Une série de disparition et de meurtres commencent, quel est le lien avec l’enlèvement  décrit en début de récit ? et pourquoi ces actes coïncident avec l’arrivée de Nina ?

Très bon thriller ! Un début très sombre, puis une mise en place minutieuse et lente des personnages, avec tout de même derrière tout ça une tension, on sait que le mensonge est maître, mais qui ment ?  Puis le récit prend de la vitesse sur les 100 dernières pages, on ne croit plus en aucun des personnages, on se surprend à les soupçonner tous, jusqu’au moment de vérité….

Melvin Burgess, le Visage de sarah // Visage face

Sara a 17 ans. Elle est jolie, physiquement gâtée par la nature. Elle est également passionnément aimée par Mark son petit copain. Pourtant dans sa tête rien ne va vraiment. « en fait, je ne sais rien. Je ne sais pas qui je suis. Je ne sais même pas ce que je suis ». Sara a une obsession : la beauté. Alors sa décision est prise et peu importe ce qu’en diront les autres : car « Pour devenir une œuvre d’art, il faut souffrir. Ça fait partie du deal. »

Elle veut impérativement devenir une vedette, une star. Œuvre d’art, muse, artiste en quête permanente de la perfection et de performance, il est vital pour Sara d’illuminer d’une façon ou d’une autre la planète showbiz. Devenir une reine de la nuit, une faiseuse de mode et de tendance, une pop star à l’image de son icône : le légendaire Jonathon Heat. Star ultime, un être énigmatique, un perfectionniste qui pour plaire à son public a sacrifié son visage au dieu bistouri. Les rumeurs les plus extravagantes circulent sur ce qu’il cache désormais derrière un masque qu’il ne quitte plus et qui enveloppe son visage comme une seconde peau.

Après un nouveau soupçon d’automutilation et d’une brûlure profonde (soi disant accidentelle) marquant le côté de son visage, Sara se retrouve en observation à l’hôpital. Elle y rencontre Jonathon qui dans le cadre de son implication associatif (et parce que c’est bon pour les ventes de disques…) visite les malades.

Fan absolue, Sara porte le masque de son idole. Pour lui, elle accepte de lui montrer la marque de la brûlure. Pour elle, il dévoile ses lambeaux de chairs et se met à nu. « tu me vois tel que je suis, Sara. Et c’est moi qui me suis fait ça. Trop d’opérations, trop de chirurgie… je me suis fait du mal. Je suis devenu horrible, parce que, en moi, je me trouvais horrible. Le monde entier me trouvait beau, et moi je me sentais moche. Voilà ma maladie : la laideur. »

Ces deux papillons de nuit se comprennent d’ailleurs Jonathon dit à Sara « Tu ne crois pas que tu me ressembles ? N’aurait on pas un diable qui nous dit sans cesse qu’on est laids ? ». Sara trouvera alors refuge dans le manoir de Jonathan qui affirme pouvoir faire d’elle la nouvelle star de la scène musicale mondiale… C’est une promesse, elle aura un prix…

Melvin Burgess excelle une fois de plus. Ce type est talentueux, un chirurgien de l’écriture qui tient entre ses doigts un scalpel qui touche systématiquement au but : celui de vous déranger par là où cela fait le plus mal…

Dans ce texte à la construction étrange Melvin Burgess se met en scène. Il nous livre le résultat de l’enquête qu’il a mené suite aux événements que « nous » connaissons tous, à savoir un drame : la disparition de Sara et l’emprisonnement de l’artiste. Il affirme avoir vu et analysé une somme de documents dont le journal intime et filmé de Sara. Et si ce texte est étrange, les protagonistes le sont davantage. Une nouvelle fois l’écriture de Burgess oblige le lecteur à ne pas sombrer dans le manichéisme. Qui est véritablement Sara, que veut-elle ? Quelles sont les intentions réelles de Jonathon ? Qui a raison ? Qui manipule qui ? Où débute la folie ?

Mais le pire est à venir car sitôt ce roman terminé vous aurez une sensation extrêmement douloureuse…. C’est angoissant ! On en parle ?

 

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