26 juillet 2011

Terrienne

Filed under: Romans,Science-fiction — Mots-clefs :, , , , , — angelique @ 13 h 14 min

Terrienne, Jean-Claude Mourlevat
Gallimard jeunesse, 2011

Nous sommes dans la Loire (département où vit l’auteur), près de Montbrison. Anne, 16 ans part à la recherche de sa sœur aînée, Gabrielle, disparue le jour de son mariage. Anne se doutait que Jens, l’homme que Gabrielle allait épouser lui ferait du mal, elle le voyait dans ses cauchemars. Ça fait maintenant un an que Gabrielle a disparu, on ne sait rien, mais Anne reçoit un jour un message de sa sœur par le biais des ondes radio qui l’appelle au secours et lui dit se trouver à Campagne. Anne part alors à la recherche de ce lieu: Campagne, il semblerait que ce soit un lieu-dit qu’annonce une pancarte près de Montbrison, mais Campagne s’avère en fait être un passage vers un autre monde. Avec l’aide d’un vieil écrivain désabusé, Étienne Virgile, qui joue les taxis pour Anne, elle va passer de l’autre côté. Cet autre monde est complètement aseptisé de la saleté, de la maladie, mais aussi des émotions et même de la respiration. Anne va bénéficier de l’aide de deux complices qui sont des « hybrides » : Madame Stormiwell, femme de chambre, et Bran, qui fait partie des soldats, Anne l’ avait déjà rencontré lors du mariage, tous deux vont l’aider à retrouver Gabrielle pour la ramener sur Terre.

Dans ce texte proche de la science-fiction, Mourlevat aborde une nouvelle fois les thèmes qui lui sont chers : l’amour, la fratrie, la trahison et la liberté sur fond de monde parallèle. L’auteur nous embarque dans ce drôle de monde, on y croit, c’est bien construit, bien trouvé, ça tient la route, on s’interroge sur ce qu’est « être un humain ». Le rythme est soutenu, le suspens est intense, on ne le lâche pas jusqu’à la dernière page.

Mourlevat y intègre de nombreuses références littéraires comme l’écrivain Étienne Virgil, parallèle à Virgile, le poète. Référence à Barbe Bleue, avec Anne qui était aussi le prénom de la femme de Barbe bleue qui découvre que son mari a tué ses anciennes épouses mais aussi référence à la Shoah avec Estrellas (étoiles en espagnol) lieu où on emmène les morts et ceux dont on ne veut plus


10 juillet 2010

Etranger à Berlin

Filed under: Romans — Mots-clefs :, , , , — Marilyne @ 18 h 50 min

Etranger à Berlin / Paul Dowswell

Naïve coll. Naïveland

Piotr est polonais et a perdu ses parents auv cours de l’année 1941. Piotr, désormais orphelin est placé dans un orphelinat jusqu’au jour où des scientifiques et des docteurs allemands  viennent à l’orphelinat et trient les garçons : certains sont emmenés en train vers une destination inconnue d’autres  comme Piotr vont être recueillis dans des familles allemandes. Piotr, rebaptisé Peter va alors parfaitement s’intégrer à la vie berlinoise et adhère aux idées nazies allant même jusqu’à s’investir dans les jeunesse hitlériennes. Il s’épanouit et vit sa vie d’adolescent. Un jour il croise des hommes (juifs et polonais) quasiment déshumanisés, affamés et fatigués qui travaillent pour les nazis. Ce choc visuel va lui faire prendre conscience du fanatisme et de la folie nazie. Son destin va alors prendre un tournant et Peter va choisir son camp.

Encore un livre sur 39-45 me dire–vous? Oui mais pas  n’importe lequel. Ce roman évoque la seconde guerre mondiale et le nazisme de l’intérieur. Le lecteur voir le quotidien de Peter et suit sa réflexion.  Car Peter, même s’il semble parfaitement adhérer au nazisme ne se sent pas parfaitement à l’aise : il est tiraillé entre ses origines et sa vie berlinoise, entre ses sentiments de révolte et son obligation de soumission en apparence. Son engagement n’est pas aveugle et il prend conscience du fanatisme .

Roamn remarquable, haletant et loin des images habituelles de l’Allemagne pendant la guerre. J’ai aimé le fait qu’on évoque la résistance des allemands et l’illustration que tous les allemands n’étaient pas avueglés par la fanatisme d’ Hitler.

Cela faisait bien longtemps qu’un livre sur la seconde guerre mondiale ne m’avait pas autant marqué.

Pour des romans évoquant la guerre différemment, vous pouvez aussi lire La voleuse de livre de Marcus Zusak ou la tétralogie d’Anika Thor.

11 février 2010

Je m’appelle America

Filed under: Romans — Mots-clefs :, , , , , , — Marilyne @ 18 h 58 min

Je m’appelle America / E.R. Franck

Bayard jeunesse coll. Millézime

Gros coup de cœur pour ce roman réaliste  de E.R. Franck !

C’est une histoire pas comme les autres, l’histoire d’un adolescent cassé dès son plus jeune âge. Abandonné successivement par tous les gens qu’il aimait, il est devenu méchant. C’est lui qui le dit.

Ce roman est un roman réaliste comme il n’y en a pas eu depuis longtemps. On suit  avec intérêt et  empathie le destin de ce jeune garçon brisé dès son plus jeune âge. Le récit est une alternance du monologue intérieur d’America (qui croit être un enfant méchant et a donc tenté de se suicider) et ses séances avec son psychologue qui va tout faire pour qu’America puisse se reconstruire et comprendre que ce qui lui est arrivé n’est en aucun cas sa faute.

On assiste donc à la lente reconstruction d’un enfant brisé et martyrisé.

Roman bouleversant et magnifique : il y avait longtemps qu’un roman ne m’avait pas autant touché.  La relation d’America avec le docteur B est pleine d’espoir et on referme le livre en disant que le docteur est un homme bon et professionnel et qu’il a réussi à aider América. Ce côté « happy end » va peut être énerver certains lecteurs mais le roman est parfois tellement difficile que cela fait du bien de se dire qu’América a commencé a voir le bout du tunnel.

Les éditions Bayard définissent « Je m’appelle America » comme un roman juste, sans concession, qui raconte la lente reconstruction, presque une résurrection, d’un garçon qui a le courage de se replonger dans les méandres de son passé.

Et ils ont bien raison !!!! Courez le lire si vous aimez les romans réalistes!