(Re)play / Jean-Philippe BLONDEL
Actes sud junior, 2011
Mais qu’arrive t-il à ces midinettes hystériques ? Qui est responsable de ce pogo incontrôlé dans un lieu si austère puisqu’il s’agit du CDI du lycée ?
Benjamin est surpris par cette effervescence soudaine et trouve la réponse. Le lycée organise un concours de Rock parrainé par le critique Franck Ménard.
Un an auparavant cette agitation frénétique aurait marqué Benjamin mais depuis des mois les membres de son ex groupe les « Frontlights » se sont séparés. Depuis Benjamin se morfond, traîne son âme et son vide musical dans les couloirs de l’établissement. A la fois blessé, heurté, déçu, humilié les sombres sentiments de Ben se mélangent. Pourquoi Clara ne l’avait elle pas choisi ? Comment son meilleur ami, Mathieu, a-t-il pu oser l’inconcevable ?
Depuis Ben se terre. Entre sa chambre et la passerelle de laquelle il s’est vu tomber, Ben suscite l’inquiétude de ses proches. Tous ont remarqué l’éloignement de Ben et de Mathieu. Personne ne comprend vraiment.
Devenus rivaux à cause de Clara, les deux jeunes hommes peinent à retrouver la force de passer outre. L’arrivée annoncée de l’homme aux lunettes noires donnerait l’occasion aux musiciens d’exprimer la violence, la rancœur et la peine avec ou sans Clara.
Une rencontre arrangée permet aux deux jeunes hommes de rétablir un contact, de devenir peut-être en cette année cruciale de terminale, des hommes.
Un roman très court, rythmé et calibré pour la FM ! Les amateurs de Rock seront au nirvana. Des clichés : cheveux style mèche rebelle, sempiternelle guéguerre opposant « slim » et gothiques, paroles apocalyptiques (trop dur le bahut), rivalités avec les autres groupes en lice (et même un groupe de filles !)… accompagnent le lecteur devenu auditeur d’une bande son mixée par Jean-Philippe Blondel.
Mais l’intérêt de ce roman réside principalement dans l’évolution parallèle des deux rivaux. L’un, Mathieu, avance, l’autre, Ben, est resté dans son passé.
L’opposition entre le passé et le présent (et son devenir) est au cœur du récit. Les personnages y reviennent systématiquement. Avec pour seul et unique repère temporel un avant et un après Clara. Avec ce curieux documentaliste, l’ex jury star d’un télé crochet musical et le père de Ben, les nostalgies d’un temps révolu semblent emprisonner le jeune homme. A moins que ces nostalgiques, à l’inverse, ne se montrent bien plus clairvoyants et modernes avec Ben… Il doit choisir. Demeurer dans le passé ou prendre des risques. Devenir adulte ? Alors pour ça :
« Branchez la guitare
Entonnez le tambour
Moi, j’accorde ma basse
Un, deux, trois, quatre… »


Marguerite Abouet est une auteure que j’apprécie notamment avec la série d’
Résumé de l’éditeur: « 1995, Sarcelles. Tandis que Djiraël s’envole pour Dakar, son pote Daddy a du pain sur le bitume : à 20 ans, il va être père. Alors faut qu’il assure, et pour ça il a un plan… et un mystère à percer : l’identité de son géniteur. Un mystère qui va lui coûter la vie. Sa mort provoque une impitoyable guerre de quartiers entre Parisiens et banlieusards, où Djiraël, à peine rentré de Dakar, est entraîné, avec toute sa bande de potes. Dans le clash se croisent histoires d’amour et serments d’amitié, cris de rage et larmes de joie… »



Tout commence à Banlieue-en France dans les années 70. Une bande de copains comme tant d’autres. Ils vivent dans une cité. Si différents et pourtant toujours ensemble : il y a Marie-Jo, Katérina, Fatou et Nadia toujours suivies de prêt par Nico et Idir. Chaque fille va prendre la parole et évoquer son parcours. Des destins de filles avec en toile de fond l’évocation de faits d’actualité comme la mixité, les cités mais aussi l’amitié et les affres du destin. Il y a Nadia curieuse de tout et qui aime les mots autant qu’elle aime son frère jumeau Idir, fatou qui essaie de se sortir des traditions familiales, Marie-Jo qui parle beaucoup et Katerina qui arrive tout juste d’Ukraine. Idir est toujours dans le sillon de sa sœur et Nico le timide cache en lui une violence insoupçonnable.
Lilly travaille dans un musé à Hambourg et doit assister à une soirée organisée par le musée. Elle s’ennuie beaucoup jusqu’ à ce qu’un collègue l’aborde et la questionne sur son parcours. Pour la première fois depuis longtemps Lilly se sent en confiance et va revenir durant de longues heures sur son passé : la mort de sa mère, la vie quotidienne avec ce deuil à supporter, la séparation de l’Allemagne, la vie loin de sa famille, séparée par le Mur, la séparation de l’Allemagne et quel parcours semé d’embûches elle a vécu pour pouvoir retrouver les siens, restés en Allemagne de l’Est.