Daddy est mort / Insa sané
Editions Sarbacane Coll. Exprim’
Résumé de l’éditeur: « 1995, Sarcelles. Tandis que Djiraël s’envole pour Dakar, son pote Daddy a du pain sur le bitume : à 20 ans, il va être père. Alors faut qu’il assure, et pour ça il a un plan… et un mystère à percer : l’identité de son géniteur. Un mystère qui va lui coûter la vie. Sa mort provoque une impitoyable guerre de quartiers entre Parisiens et banlieusards, où Djiraël, à peine rentré de Dakar, est entraîné, avec toute sa bande de potes. Dans le clash se croisent histoires d’amour et serments d’amitié, cris de rage et larmes de joie… »
Le résumé de Sarbacane est juste : il n’en dit pas trop et donne envie retrouver Djiraël et ses « assoss »
Quatrième (et dernier) tome des la comédie urbaine d’Insa sané, « Daddy est mort » est aussi bon et addictif que les autres. On a plaisir à retrouver les personnages croisés dans « Sarcelles-Dakar », « du plomb dans le crâne » ou « gueule de bois », et à revivre des scènes mais d’un point de vue différent.
Les personnages sont vrais et attachants. Le parcours de Tonton Black Jacket par exemple nous aide à comprendre pourquoi il est devenu un « flic » pas très sympathique (et je pèse mes mots).
Tout se passe en 1995 ce qui est assez décalé dans le comportement des protagonistes : notamment lorsqu’ils doivent se joindre puisqu’ils vont dans des cabines téléphoniques ou attendent chez patiemment chez eux devant leur fixe !!!
et pourtant cela pourrait être aujourd’hui : les problèmes sociaux sont les mêmes, les embrouilles aussi.
L’écriture d’Insa Sané est véritablement ancrée dans la musicalité, le slam et est toujours aussi rythmée et poétique. La lecture est donc haletante, on ne peut pas lâcher le roman on leur savoir aller au bout avec les personnages
Tous comme les trois autres j’ai adoré « Daddy est mort »: En revanche il y a tout un passage où le narrateur qui s’adresse beaucoup au lecteur fait une digression sur la vie, passage pseudo-philosophique qui n’est en fait qu’une excuse pour citer des titres de la collection Exprim’ et faire de la pub déguisée à cette collection qui l’a lancée. Ce passage fabriqué est assez déroutant et énervant dans la mesure où il n’apporte rien à l’histoire mais en plus n’est pas agréable à lire contrairement à ces textes sur la ville par exemple (dans « Gueule de bois ».).
Bref Un grand moment de lecture grâce à « Daddy est mort »comme d’habitude !


Tout commence à Banlieue-en France dans les années 70. Une bande de copains comme tant d’autres. Ils vivent dans une cité. Si différents et pourtant toujours ensemble : il y a Marie-Jo, Katérina, Fatou et Nadia toujours suivies de prêt par Nico et Idir. Chaque fille va prendre la parole et évoquer son parcours. Des destins de filles avec en toile de fond l’évocation de faits d’actualité comme la mixité, les cités mais aussi l’amitié et les affres du destin. Il y a Nadia curieuse de tout et qui aime les mots autant qu’elle aime son frère jumeau Idir, fatou qui essaie de se sortir des traditions familiales, Marie-Jo qui parle beaucoup et Katerina qui arrive tout juste d’Ukraine. Idir est toujours dans le sillon de sa sœur et Nico le timide cache en lui une violence insoupçonnable.