25 février 2011

Echecs et but

Filed under: Romans — Mots-clefs :, , , , , — Marilyne @ 11 h 37 min

Echecs et but  / Axl Cendres

Ed. Sarbacane  coll. Exprim

Le narrateur est un jeune orphelin élevé par sa grand-mère et sans passion (ce qu’il déplore). Une après-midi, alors qu’il joue au parc avec ses copains, il dé »couvre un groupe de gens concentrés et silencieux autour d’un plateau de jeux aux carrés noirs et blancs  avec de drôles de figurines posées dessus. Malgré le silence le narrateur est impressionné par la bataille qui fait rage. Un des joueurs le se prend de sympathie pour lui et décide de l’initier à ce jeu de réflexion complexe. Une fois que le narrateur maîtrise les enseignements de monsieur martini, il est envoyé chez un maître des échecs loin de sa ville natale car monsieur martini le destine à une carrière professionnelle.

Notre narrateur va de voir se loger  et va alors vivre dans une chambre située au dessus d’un bar de supporters de foot. La rencontre des deux mondes diamétralement opposés est improbable et effraie le narrateur dans un premier temps. Puis, au fil du temps la narrateur prend conscience que els supporters de foot et lui ont un point commun : la passion du jeu et de l’affrontement… Son quotidien va alors être rythmé par les parties d’échecs et les parties de foot et cet apprentissage le fera grandir et rencontrer des gens qui n’auraient jamais dû croiser sa route.

Axl Cendres, dans ce roman drôle et grave à la fois, a su mettre en scène deux mondes opposés à première vue. Le narrateur est timide, intelligent mais aussi lucide sur la situation.  Le narrateur découvre l’ouverture d’esprit, la passion en même temps que les sentiments extrêmes que peuvent susciter la passion. Echecs et but est très plaisant qu’on y connaisse quelque chose ou non les secrets d’une des 2 disciplines et apportent même un éclairage sur ces deux sports (le passage sur la description d’une hors jeu au football est savoureux). Echecs et but est aussi un roman d’apprentissage : la narrateur va se rendre compte que les 2 disciplines sot comme la vie et que c’est un combat permanent. La galerie de personnages qui entourent le personnage est drôle, sympathique, et attendrissante à l’exemple de Stéphanie, le travesti africain qui nourrit une passion pour Stéphanie de Monaco. Le narrateur comme le lecteur peut aussi avoir une réflexion sur les dangers que la passion peut faire courir : les hooligans par exemple, animés par une passion qui n’est plus celle du sport et qui les poussent à  commettre des actes de violence …

J’ai personnellement beaucoup aimé ce roman qui réunit deux mondes différents et qui offre une vision plutôt sympathique du foot et des échecs qui sont pour moi assez mystérieux …et le narrateur est profondément humain et ça fait du bien ! et oui l’émotion est au rendez-vous : on y trouve du rire, des larmes et des réflexions !!!!!

Echecs et but est édité dans la collection Exprim’, et cet opus ne ‘ma pas déçu (comme d’habitude j’ai envie de dire !!!!)

14 janvier 2011

Daddy est mort

Filed under: Non classé,Romans — Mots-clefs :, , , , — Marilyne @ 14 h 04 min

Daddy est mort / Insa sané

Editions Sarbacane Coll. Exprim’

Résumé de l’éditeur: « 1995, Sarcelles. Tandis que Djiraël s’envole pour Dakar, son pote Daddy a du pain sur le bitume : à 20 ans, il va être père. Alors faut qu’il assure, et pour ça il a un plan… et un mystère à percer : l’identité de son géniteur. Un mystère qui va lui coûter la vie. Sa mort provoque une impitoyable guerre de quartiers entre Parisiens et banlieusards, où Djiraël, à peine rentré de Dakar, est entraîné, avec toute sa bande de potes. Dans le clash se croisent histoires d’amour et serments d’amitié, cris de rage et larmes de joie… »

Le résumé de Sarbacane est juste : il n’en dit pas trop et donne envie retrouver Djiraël et ses « assoss »

Quatrième (et dernier) tome des la comédie urbaine d’Insa sané, « Daddy est mort » est aussi bon et addictif que les autres. On a plaisir à retrouver les personnages croisés dans « Sarcelles-Dakar », « du plomb dans le crâne » ou « gueule de bois », et  à revivre des scènes mais d’un point de vue différent.

Les personnages sont vrais et attachants. Le parcours de Tonton Black Jacket par exemple nous aide à comprendre pourquoi il est devenu un « flic » pas très sympathique (et je pèse mes mots).

Tout se passe en 1995 ce qui est assez décalé dans le comportement des protagonistes : notamment lorsqu’ils doivent se joindre puisqu’ils vont dans des cabines téléphoniques ou attendent chez patiemment chez eux devant leur fixe !!!

et pourtant cela pourrait être aujourd’hui : les problèmes sociaux sont les mêmes, les embrouilles aussi.

L’écriture d’Insa Sané est véritablement ancrée dans la musicalité, le slam et est toujours aussi rythmée et poétique. La lecture est donc haletante, on ne peut pas lâcher le roman on leur savoir aller au bout avec les personnages

Tous comme les trois autres j’ai adoré « Daddy est mort »: En revanche il y a tout un passage où le narrateur qui s’adresse beaucoup au lecteur fait une digression sur la vie, passage pseudo-philosophique qui n’est en fait qu’une excuse pour citer des titres de la collection Exprim’ et faire de la pub déguisée à cette collection qui l’a lancée. Ce passage fabriqué est assez déroutant et énervant dans la mesure où il n’apporte rien à l’histoire mais en plus n’est pas agréable à lire contrairement à ces textes sur la ville par exemple (dans « Gueule de bois ».).

Bref Un grand moment de lecture grâce à « Daddy est mort »comme d’habitude !

13 janvier 2011

Coffee

Filed under: Romans — Mots-clefs :, , , , — Marilyne @ 14 h 32 min

Coffee / Edgar Skloka

éditions Sarbacane coll. Exprim’

Koffee a eu une enfance difficile auprès d’une mère alcoolique et d’un père absent. Sa vie et son caractère en seront à jamais marqués. Koffee verra son mutisme et sa rage augmenter à chaque étape de sa vie sans jamais pouvoir trouver l’apaisement…

C’est un roman ambivalent : le monde moderne, rapide et éphémère, tranche avec le personnage de Koffee qui avance par obligation, presque à reculons, sans jamais se dévoiler.

Il semble refuser l’introspection comme pour se protéger. Roman fort où l’on voit Koffee subir les étapes de la vie sans pouvoir s’y épanouir. Où son quotidien n’est finalement qu’apparence. Et c’est ainsi que la vie, sa vie, lui échappe sans qu’il ne puisse rien faire.

L’écriture fluide de ce roman évoque en filigrane la quête de l’identité de ce français d’origine africaine : la difficulté de trouver une place au sein de cette société moderne sans avoir de repères familiaux. Malgré son besoin de reconnaître ses problèmes pour pouvoir les régler et s’ouvrir aux autres,  Koffee choisira la fuite comme une protection, pour ne plus avoir à souffrir comment pendant son enfance.

Coffee s’inscrit parfaitement dans la collection « exprim’ » non seulement par l’écriture d’Edgar Sekloka, slammeur, résolument moderne et poétique mais aussi par son thème de l’identité et de la quête de la sérénité.

A noter le choix particulièrement poétique de la bande son avec des slammeurs tels que Apkass ou Neggus.

27 octobre 2010

Littérature urbaine

Filed under: Général — Mots-clefs :, , , , , , , , — Marilyne @ 9 h 28 min

Le 6 novembre 2010 à 15heures, la bibliothèque                     municipale reçoit Marie-Hélène Bacqué et  Lamence Madzou pour l’ouvrage J’étais chef de gang (Éd. la Découverte) et Flo Jallier pour son premier roman Les filles ne mentent jamais (Éd. Sarbacane).

Depuis quelques années, un nouveau genre littéraire est apparu : la littérature urbaine. Elle pourrait se définir comme un compte-rendu écrit, un témoignage de l’évolution de notre société. En effet, cette littérature, issue des villes, est le reflet d’une jeunesse talentueuse qui se bat pour s’élever intellectuellement et surtout socialement dans un environnement des plus difficiles. La littérature urbaine prend place dans les grands centres ou dans les banlieues. Les « cités », dont on parle souvent négativement peuvent ainsi être représentées comme des viviers de talents culturels, des lieux de mixité et d’enrichissement, dont le langage illustre la mixité et la vitalité de la langue française. Cette littérature drôle, enlevée et hyperréaliste dresse un constat objectif sur les réalités sociales de notre temps.

Les éditions Sarbacane (avec la collection Exprim’) et Hachette (avec le titre Kiffe kiffe demain de Faïza Guène) sont les premiers à avoir édité des textes dits « urbains », où la verve de l’écriture sonne comme une poésie déclamée et dont le texte vif et incisif porte à la réflexion. La collection Exprim’ a choisi d’éditer ces jeunes auteurs talentueux qui, dans leurs romans, évoquent avec sensibilité leur quotidien et récréent des situations au cœur des problématiques actuelles.

La rencontre du samedi 6 novembre 2010 célèbrera cette nouvelle littérature, vivante dynamique et réaliste. Nous avons choisi pour cela d’inviter Flo Jallier, à l’occasion de son premier roman, Les filles ne mentent jamais (2010) ainsi que Lamence Madzou et la sociologue Marie-Hélène Bacqué, pour le témoignage publié en 2009 sur les gangs qui ont sévi dans les années 90 en région parisienne et, un temps, défrayé la chronique.

La richesse de cette rencontre repose sur les airs de réalité que sait prendre la fiction et sur les airs de fiction que peut prendre la réalité.

Dans des registres différents, nous évoquerons la genèse des textes, lirons des extraits des ouvrages, écouterons une sélection musicale et proposerons un échange entre le public et les auteurs.

Retrouvez l’énénement sur Facebook!

Découvrez la playlist Littérature urbaine avec Suprême NTM;Nas

12 août 2010

Les filles ne mentent jamais

Filed under: Romans — Mots-clefs :, , , , — Marilyne @ 15 h 57 min

Les filles ne mentent jamais / Flo Jallier

édition Sarbacane coll. Expri’m

Tout commence  à Banlieue-en France dans les années 70. Une bande de copains comme tant d’autres. Ils  vivent dans une cité. Si différents et pourtant toujours ensemble : il y a Marie-Jo, Katérina, Fatou et Nadia  toujours suivies de prêt par Nico et Idir. Chaque fille va prendre la parole  et évoquer son parcours. Des destins de filles avec en toile de fond l’évocation de faits d’actualité comme la mixité, les cités mais aussi l’amitié et les affres du destin. Il y a Nadia curieuse de tout et qui aime les mots autant qu’elle aime son frère jumeau Idir, fatou qui essaie de se sortir des traditions familiales, Marie-Jo qui parle beaucoup et Katerina qui arrive tout juste d’Ukraine. Idir est toujours dans le sillon de sa sœur et Nico le timide cache en lui une violence insoupçonnable.

Des mots d’enfants aux retrouvailles d’adultes, on suit, on devine parfois les joies et les douleurs de chacun.

Quatre paroles, quatre parcours singuliers pour les quatre filles confrontées à la violence et aux discriminations. Elles incarnent à leur façon certains des combats d’Amnesty international pour le respect des droits fondamentaux de toutes et de tous.

Entre humour et tragédie Flo Jallier a su rendre attachant ses personnages et évoquer les réalités sociales de notre époque. L’écriture est le symbole du temps qui passe (les écrits d’enfants sont truffés de fautes, les récits d’ado sont argotiques et d’un langage moderne, l’écriture adulte est riche et posée).

S’inscrivant parfaitement dans l’écriture urbaine Flo Jallier nous livre ici un hymne à l’amitié et à la verve de tous les « moineaux de té-ci ». Plein de poésie, ce roman est un réel plaisir de lecture.

La collection Expri’m propose toujours une bande-son de l’auteur pour s’imprégner de l’ambiance du roman.

A noter que la bibliothèque municipale recevra Flo Jallier le 6 novembre 2010 lors d’une rencontre sur le thème de l’écriture urbaine à laquelle participera aussi Lamence Madzou.