21 janvier 2012

STROM d’Emmanuelle et Benoît de Saint Chalmas

Filed under: Romans,Science-fiction — Mots-clefs :, , — Invite @ 11 h 56 min

Strom d’Emmanuelle et Benoît de Saint Chalmas

2 jumeaux Raphaëlle et son frère Raphaël allaient à l’école. Ils ont tout les deux 12 ans.

Sur le chemin du retour du collège, ils sont agressés . Ils ne veulent pas se défendre et rentrent chez eux. Et plus tard dans l’aventure, il va se passer des choses bizarres… Ils rencontrent une personne qui est membre de la confrérie des chevaliers de l’insolite. Il leur explique l’existence du strom et veut leur apprendre à l’utiliser. C’est un pouvoir qui se passe dans la tête. Le strom  est télépathique. Avec lui on peut devenir invisible, il aide à développer les 5 sens…La société se trouve sous le Louvre et elle forme des jeunes au strom pour ensuite battre des forces invisibles. Petit à petit, ils vont apprendre de plus en plus à le maîtriser et ça va les aider dans leur vraie vie. Pour affronter leur peur…

J’ai lu le Strom tome 1 et je le vous conseille vraiment.  Pourquoi ? C’est un bon livre avec une aventure de science fiction dans des lieux réels. De plus, il faut lire le roman entièrement pour comprendre toute l’histoire. Il y a beaucoup de suspens dans le livre.  En tout cas moi, je n’arrivais pas à m’arrêter quand je savais qu’il allait se passer un truc juste après. Il fallait que je le continue . On ne peut pas s’arrêter au milieu du livre parce que l’on n’a pas compris. Il faut lire la suite pour comprendre le début. En plus, il n’y a pas d’exagération comme on peut s’y attendre.

Article rédigé par Ervic

 

 

17 janvier 2012

0.4 de MIKE A. LANCASTER

Filed under: Romans,Science-fiction — Mots-clefs :, , , — Sebastien @ 11 h 26 min

0.4 / Mike A. LANCASTER

Editions Nathan, (blast)

 

La première page de ce roman est explicite. Rien n’est plus comme avant. Rien n’a jamais été comme avant. Ce document que vous détenez est un livre. Ce livre demande un effort particulier : la lecture. Cette lecture n’est pas nocive, elle demande juste un léger effort d’adaptation. Pas d’effet secondaire. Ce livre est une curiosité restituant la parole enregistrée de Kyle Straker. Encore une bizarrerie ! L’enregistrement sur K7, une technologie archaïque, a survécu au temps. Sur cette bande Kyle y raconte une histoire, son histoire. Depuis la découverte de cet enregistrement la communauté scientifique est perplexe. Que sommes nous vraiment ?

 

L’événement annuel de la petite ville de Millgrove est annoncé. Un grand concours de tout et n’importe quoi, une sorte « d’incroyable talent » rural. Danny est fin prêt en innovant avec un grand numéro d’hypnose. Ses cobayes ? Sa sœur et puis ses amis. Le jour de la représentation tout s’annonçait normalement. Musique, costume, cotillons et flonflons mais lorsque les 4 volontaires pour l’expérience se réveillent l’assemblée s’est figée. Immobiles, les corps inertes, les familles, les amis, les connaissances, toute la communauté semblent avoir intégré un tableau de Munch.

 

Mrs O’Donnell, le vieux Mr Peterson, Lily et Kyle sont seuls au monde.

 

Dans l’air de drôles de vibrations, sur des écrans d’ordinateur un affichage étrange.

 

Et lorsque la communauté revient subitement à elle Kyle et Lily perçoivent qu’ils ne sont plus désirés. Des intrus ? Des étrangers ? Non, pire : des virus. 0.4% de rescapés seulement.

 

Quel bon roman de SF ! Du rythme, de l’humour, du suspens, de l’originalité ! C’est un vrai bon moment de lecture. La forme même du roman avec de nombreux encarts explicatifs sur la société archaïque du début du XXIè siècle façon annotations de thèse est jubilatoire. Et puis la raison, sans ne pouvoir en écrire plus, est très inattendue !

 

Êtes-vous vraiment prêts à en savoir un peu plus sur nous même ? Êtes-vous certain de regarder sciemment votre écran d’ordinateur ? Allez un petit clic, juste un dernier…

 

 

7 janvier 2012

ADOPAGE le club : sélection « Thriller fait moi peur »

Filed under: Bandes dessinées,cinéma,Romans — Mots-clefs :, , , , , , , — Sebastien @ 16 h 35 min

Petite sélection d’Angélique et de Sébastien pour vous donner envie d’avoir peur. Des histoires sombres, très sombres.

 

Stephen King, Simetierre (et autres titres),

Stéphen King est le Maître  incontesté du roman d’horreur, de frisson, d’épouvante. L’homme qui est le responsable de vos cauchemars, ce chorégraphe de danses macabres, n’a cessé de donner la chair de poule à des millions de lecteurs. Chien enragé, voiture habitée, maison hantée, pouvoirs occultes, revenants (pas contents), clown (pas content non plus), ado maltraitée rien ne nous est épargné pour basculer dans l’horreur absolue.

La force de cet écrivain est de nous plonger dans l’âme torturée de ses personnages, de nous permettre sournoisement de les incarner, de se les accaparer et de subir avec eux les pires tourments.  S’identifier à eux c’est prendre un risque de sombrer dans la folie, de perdre ses repères entre le bien et le mal, de franchir une frontière en prenant le risque de ne pas en revenir indemne.

La bibliographie de Stephen King est importante et le plupart de ses publications restent un événement littéraire. A tout ceux qui prétendaient qu’il ne s’agissait que d’un sous genre de la littérature il faut leur dire de bien consulter les programmes de littérature enseignée aux Etats-Unis. Parmi les auteurs contemporains étudiés figure bien un Stephen King. A moins qu’il ne s’agisse encore que d’un vilain tour de l’auteur qui nous a entraîné collectivement dans un immense songe aux contours effrayants. Misery avait bien raison de se méfier de son auteur favori.

Mes romans préférés sont le fléau (mon tout premier livre à plus de 800 pages), Shining, Marche ou crève (en fait la télé réalité n’a rien inventé !), Carrie (un de ses premiers textes), la Part des ténèbres, la Tempête du siècle et puis les Tommy, ça et enfin… bref pratiquement tout ! sauf Dôme que je n’ai pas encore lu.

Preuve encore du talent de l’auteur et de la force de son écriture sur notre imagination ? Rarement la télé et le cinéma n’ont réussi à mettre en image ces textes. La plupart des adaptations sont (pour moi) ratées. Sauf… Shining bien sur ! Flippant !

 

Junji ITO, Spirale

Elle est partout. Insidieuse mais présente. Dans vous, à côté de vous, sur vous. Derrière. Elle vous guette, elle vous scrute elle vous enveloppe. Elle vous hypnose. Qui ? ou quoi ? elle : la Spirale. Et là vous vous dîtes il a raison ! Elle est partout ! Dans la nature, dans la décoration, dans l’architecture, dans l’art, dans vos empreintes génitales. Omniprésente elle attend. Patiemment. Jusqu’au jour où.

Ce jour est arrivé. Dans une ville reculée de la campagne japonaise du nom de Kurouzu les gens ne sont pas vraiment heureux. L’ambiance y est lourde, les esprits constamment inquiets. Il se passera quelque chose les habitants le perçoivent bien. Tôt ou tard. Kirie Koshima observe d’étranges événements. Le père de son petit ami semble obsédé par une forme. Son obsession vire à la folie. Comme lui d’autres sombrent dans l’observation, dans l’obsession, dans la frayeur, dans l’irraison. Et puis cette chose agit sur les hommes. Ils modifient leur comportement, et même  changent physiquement. Et pas qu’un peu. Des coquilles percent sur les dos, des yeux sortent de leurs orbites. Ils deviennent peu à peu des gastéropodes. Normal ! Regardez la coquille d’un escargot ! On y trouve une belle spirale. Elégante et menaçante. La ville est attaquée. Et rien ni personne n’y résistera.

Dans le genre kowai manga (manga d’horreur) Jungi Ito excelle. Une imagination débordante nous glace avec des illustrations qui donnent le tourbillon au lecteur. Hypnotisé par cette histoires de courbe il est difficile de s’écarter de la ligne crayonnée de ce mangaka.

Kazuo Umezu, L’école emportée

Kazuo Umezo n’est ni plus ni moins que le Dieu du manga d’horreur. C’est dire l’efficacité avec laquelle il peut nous infliger nos pires malaises.

Avec l’école emportée le mangaka met en scène toute une ribambelle d’enfants très jeunes pour nous dresser un effroyable constat de ce qu’est devenue la société. De ce qu’est devenu l’Homme. Pour Kazuo un homme mauvais est avant tout un enfant mauvais. Et il ne se prive pas dans l’échelle de l’horreur pour nous raidir d’effroi.

L’histoire débute par un événement surnaturel. L’école primaire a été emportée. Déplacée ? Vers où ? Déplacée ou l’entourage de l’établissement s’est volatilisé ? Comment déterminer cette anomalie. Impossible de sortir, de se rendre compte. Aucune visibilité, pas une trace de vie en dehors du périmètre de l’école. Il n’y a plus rien hors de l’école.

Alors dans l’enceinte que reste t-il ? Des enfants. Nombreux et des adultes référents et responsables. Des profs, des administratifs protecteurs pour rassurer les enfants ? Et bien non ! À l’inverse la folie s’empare des esprits des adultes alors que d’autres préféreront le suicide.

Dans cet inextricable chaos les enfants doivent s’organiser pour combattre les quelques adultes restants, pour survivre, pour se donner du temps pour comprendre ce qu’il s’est passé.  Rivalités, haines, crispations, les enfants s’opposent avec une violence inouïe. Cette « guerre des boutons » version gore est terrifiante.

Horreur, angoisse, violence, cruauté ce manga est sombre. Très sombre. Et si cette école avait été projetée dans notre futur ? Très flippant !

 

Claudine Galéa, Rouge Métro

« Attention ce train est terminus, tous les voyageurs descendent de voiture », peut-être…

Prendre un métro est le mode de transport le plus pratique qui soit à Paris et en très proche banlieue. Se déplacer d’un point A vers un point B avec ou sans correspondance. Pour passer le temps du trajet, on s’occupe, on y lit, on y sommeille. Coupé du monde dans les couloirs puis dans les tunnels on s’y sent seul aussi. On s’observe, se dévisage, on écoute les annonces automatisées du haut parleur dont le « méfiez vous des pick pocket » qui provoque le réflexe de mettre sa main contre son portefeuille histoire de vérifier…. Dans cet endroit où règne l’individualisme, on peut perdre toute humanité en devenant indifférent, insensible, « à vot’ bon cœur M’sieurs Dames… », on n’écoute plus.

Ce jour là, Cerise, toute de rouge vêtue, prend son métro. Ce jour là, comme elle aime le faire, elle observe et contrairement à la majorité des voyageurs, ose dévisager les âmes souvent fatiguées, sombres et inquiètes des voyageurs qui l’accompagnent. Ce jour là elle a vu les yeux de cet homme, de ce SDF. Ce jour là, elle a deviné la fureur, la haine. Ce jour là, le rouge sang s’est invité.

Ce roman ose aborder rudement les thèmes du rejet, de l’exclusion, de la misère. Il est terriblement dérangeant et gênant mais il oblige à la réflexion.

 

Brigitte Aubert, Scènes de crimes

Des nouvelles originales, surprenantes, voire flippantes:

Dance floor
Règlement de compte en boîte de nuit sous fond de trafic de drogue.

L’antre
Ou comment échapper à un ogre bipolaire…

O tempura O mores
Le grand succès d’un restaurateur grâce à l’ingrédient secret de ses fameux beignets

Le centre
La triste vie des volailles vue de l’intérieur

L’ascenceur
Une jeune femme qui n’a pas froid aux yeux, même face à un terroriste

Hors forfait
Communication avec l’au-delà, ça capte le portable six  pieds sous terre?!

(G)rave party
La Toussaint, journée des morts, pris au pied de la lettre

Double voie
Voir la mort d’en face

Tueur en série
« Il ne faut pas réveiller le chat qui dort… »

Autant en emporte le vampire
Les vampires aiment aussi lire des histoires d’humains !

Quinze partout
Des ados qui font froid dans le dos…

 

Michel Honaker, Le Commandeur : Le cachot de l’enfer

Les occupants du quartier disciplinaire du pénitencier de Salt Hills ne sont pas des tendres. Et quand le sol semble se dérober sous leurs pieds, la révolte gronde.

Le FBI intervient, le phénomène semble être d’ordre surnaturel, Lamberto Camelli chargé de l’enquête, va alors contacter Ebenezer Graymes, le commandeur, sorte de régulateur du monde magique, initié au commerce avec les démons, les enchantements et la sorcellerie,  qui va s’infiltrer dans la prison en tant que prisonnier pour comprendre ce qui s’y passe.

La prison fait alors appel à un groupe de militaires spécialisés en spéléologie pour descendre voir ce qui se passe dans cette sorte de faille de boue qui empeste la mort ! Mais Camelli rend visite à Graymes pour le prévenir que c’est plus dangereux que prévu car en fait il y a des disparitions depuis plus d’un siècle sur ce terrain, bien avant la construction de la prison sauf que ceci est classé confidentiel, la police le sait mais rien ne doit se savoir.

Un orage monstrueux éclate, la prison est très vite inondée et grâce à Graymes les prisonniers du quartier D peuvent être sauvé. Puis Graymes descend dans les profondeurs pour aider les spéléologues à s’en sortir il rencontre alors IL, « l’habitant » mystérieux et nauséabond de la faille boueuse…

 

Magnus Nordin, La princesse et l’assassin

Dans une ville de suède, un jeune homme qui rentre d’une fête est raccompagné par un homme en voiture, quelques jours plus tard son corps sera retrouvé dans une déchetterie…Voilà la première partie du livre, on passe alors à Nina qui a déménagé une fois de plus, à Norra Soderbro, un quartier de la banlieue de Stockholm, elle est en première. Dans sa nouvelle classe elle est parrainée par Lenita, jeune fille bourgeoise qui contre toute attente semble sincère dans son amitié envers Nina. Nina devient amie également avec un garçon de sa classe, Markus, son voisin. Une série de disparition et de meurtres commencent, quel est le lien avec l’enlèvement  décrit en début de récit ? et pourquoi ces actes coïncident avec l’arrivée de Nina ?

Très bon thriller ! Un début très sombre, puis une mise en place minutieuse et lente des personnages, avec tout de même derrière tout ça une tension, on sait que le mensonge est maître, mais qui ment ?  Puis le récit prend de la vitesse sur les 100 dernières pages, on ne croit plus en aucun des personnages, on se surprend à les soupçonner tous, jusqu’au moment de vérité….

Melvin Burgess, le Visage de sarah // Visage face

Sara a 17 ans. Elle est jolie, physiquement gâtée par la nature. Elle est également passionnément aimée par Mark son petit copain. Pourtant dans sa tête rien ne va vraiment. « en fait, je ne sais rien. Je ne sais pas qui je suis. Je ne sais même pas ce que je suis ». Sara a une obsession : la beauté. Alors sa décision est prise et peu importe ce qu’en diront les autres : car « Pour devenir une œuvre d’art, il faut souffrir. Ça fait partie du deal. »

Elle veut impérativement devenir une vedette, une star. Œuvre d’art, muse, artiste en quête permanente de la perfection et de performance, il est vital pour Sara d’illuminer d’une façon ou d’une autre la planète showbiz. Devenir une reine de la nuit, une faiseuse de mode et de tendance, une pop star à l’image de son icône : le légendaire Jonathon Heat. Star ultime, un être énigmatique, un perfectionniste qui pour plaire à son public a sacrifié son visage au dieu bistouri. Les rumeurs les plus extravagantes circulent sur ce qu’il cache désormais derrière un masque qu’il ne quitte plus et qui enveloppe son visage comme une seconde peau.

Après un nouveau soupçon d’automutilation et d’une brûlure profonde (soi disant accidentelle) marquant le côté de son visage, Sara se retrouve en observation à l’hôpital. Elle y rencontre Jonathon qui dans le cadre de son implication associatif (et parce que c’est bon pour les ventes de disques…) visite les malades.

Fan absolue, Sara porte le masque de son idole. Pour lui, elle accepte de lui montrer la marque de la brûlure. Pour elle, il dévoile ses lambeaux de chairs et se met à nu. « tu me vois tel que je suis, Sara. Et c’est moi qui me suis fait ça. Trop d’opérations, trop de chirurgie… je me suis fait du mal. Je suis devenu horrible, parce que, en moi, je me trouvais horrible. Le monde entier me trouvait beau, et moi je me sentais moche. Voilà ma maladie : la laideur. »

Ces deux papillons de nuit se comprennent d’ailleurs Jonathon dit à Sara « Tu ne crois pas que tu me ressembles ? N’aurait on pas un diable qui nous dit sans cesse qu’on est laids ? ». Sara trouvera alors refuge dans le manoir de Jonathan qui affirme pouvoir faire d’elle la nouvelle star de la scène musicale mondiale… C’est une promesse, elle aura un prix…

Melvin Burgess excelle une fois de plus. Ce type est talentueux, un chirurgien de l’écriture qui tient entre ses doigts un scalpel qui touche systématiquement au but : celui de vous déranger par là où cela fait le plus mal…

Dans ce texte à la construction étrange Melvin Burgess se met en scène. Il nous livre le résultat de l’enquête qu’il a mené suite aux événements que « nous » connaissons tous, à savoir un drame : la disparition de Sara et l’emprisonnement de l’artiste. Il affirme avoir vu et analysé une somme de documents dont le journal intime et filmé de Sara. Et si ce texte est étrange, les protagonistes le sont davantage. Une nouvelle fois l’écriture de Burgess oblige le lecteur à ne pas sombrer dans le manichéisme. Qui est véritablement Sara, que veut-elle ? Quelles sont les intentions réelles de Jonathon ? Qui a raison ? Qui manipule qui ? Où débute la folie ?

Mais le pire est à venir car sitôt ce roman terminé vous aurez une sensation extrêmement douloureuse…. C’est angoissant ! On en parle ?

 

24 décembre 2011

du Domaine des Murmures

Filed under: Romans — Mots-clefs :, , , , — Invite @ 11 h 54 min

Du Domaine des Murmures de Carole Martinez

Gallimard, 2011

En 1187, Esclarmonde, jeune châtelaine de 15 ans, dit « non » le jour de ses noces, afin de faire respecter son vœu de s’offrir à Dieu.

Pour se faire, elle obtient de son père qu’il construise une chapelle, et une cellule attenante dans laquelle elle se fait emmurer. Entraînant avec elle un murmure …….

Carole Martinez, écrit cette histoire comme on invente une légende, comme si le texte avait été colporté de bouches en bouches.

Avec une grande douceur, elle y dénonce la condition des filles de petite noblesse, mariées très jeunes uniquement pour faire des enfants (mâles) de préférence, qu’on leur enlève quand ils ont 11 ans pour les envoyer parfaire leur éducation de chevalier dans un autre château.

Avec beaucoup de tact, elle évoque aussi la condition des serves, soumises totalement au seigneur à qui elles appartiennent.

Mais surtout, le texte se focalise sur la vie de ces recluses volontaires, murées dans des conditions effroyables, souvent en plein cœur des villages, et qui souvent sont traitées comme des saintes, des miraculeuses, des fées !

A lire absolument, sous la couette, comme emmuré soi-même, les soirs d’hiver !

 

Roman  recommandé par Pascale

invitez vous sur le blog pour publier vos coup de coeur du moment

 

17 décembre 2011

Vango

Filed under: Romans — Mots-clefs :, , , — Invite @ 11 h 18 min

Vango, T.1,  Entre ciel et terre, Timothée de Fombelle

Gallimard-jeunesse, 2010

Paris, 1934. Sur le parvis de Notre-Dame, une course-poursuite s’engage entre la police et Vango, un jeune garçon de dix-neuf ans qui allait être ordonné prêtre. Vango leur échappe mais est accusé d’un crime qu’il n’a pas commis. Il s’enfuit de plus en plus haut, de plus en plus loin. Le personnage est en plein mystère : à trois ans, il a été trouvé avec sa nourrice sur une île, au large de la Sicile et a grandi dans un couvent secret sur une île voisine. Il est ensuite entré au séminaire mais il se sent depuis toujours menacé et, en effet des espions russes sont à ses trousses.

Mais qui est-il ?

Dans sa fuite, il croise des personnages forts et inoubliables, comme Eckener, le commandant allemand du Graf Zeppelin en conflit avec la Gestapo, le commissaire Boulard, policier français, le père Zephiro, prêtre italien…Il y a aussi l’amour de la belle Irlandaise Ethel et le bruit croissant de la guerre.

Vango va découvrir une partie de son histoire, mais il demeure encore bien des mystères.

L’auteur nous entraîne dans une course effrénée à travers l’Europe des années 30. On voyage en Italie, en France, en Allemagne et même au-dessus de l’Atlantique à bord d’un dirigeable. On y rencontre des personnes qui ont réellement existé comme Staline ou Hitler.

A tout moment, Vango nous fait rire, nous effraye, on a peur pour lui.

Ce roman nous tient en haleine de la première à la dernière page et, arrivé à la fin, on a hâte de savoir ce qui arrivera  au héros dans le deuxième tome.

Un très bon roman d’aventures  qui s’adresse vraiment à tous, des plus jeunes aux plus vieux.

Timothée de Fombelle vient de publier un deuxième tome.

Antoine

The artist

Filed under: cinéma — Mots-clefs :, , , — Invite @ 11 h 18 min

The Artist :

Un film français de Michel Hazanavicius, avec Jean Dujardin, Bérénice Béjo, John Goodman, James Cromwell et Missi Pyle.

C’est une comédie dramatique d’environ 1h40 produite en 2011.

Hollywood 1927 :

Ce film muet en noir et blanc retrace le parcours d’une star du cinéma muet, Georges Valentin (Jean Dujardin). Mais l’arrivée des films parlants va ruiner sa carrière et faire sombrer son nom dans l’oubli…

Georges va essayer de faire ses propres films muets mais jour après jour, va se rendre compte que les gens veulent du nouveau, et qu’il n’a plus sa place dans le monde du cinéma…

Georges va devoir renoncer à sa femme, sa grande propriété et à beaucoup d’autres choses qui lui tiennent à cœur en s’obstinant à vouloir travailler dans le cinéma muet…

Quant à Peppy Miller (Bérénice Béjo), une jeune figurante, elle va connaître la gloire et la renommée. Elle va tourner dans quelques films muets avec Georges et ils vont tomber amoureux mais la venue du ‘’son’’ dans les films va les séparer et va faire d’elle une femme richissime et extrêmement célèbre…

Ce film nous guide à travers leur rencontre, et met en avant le fait que leur histoire d’amour sera obstruée par l’argent et le cinéma.

 Avis : Ce film est vraiment bien car les acteurs Jean Dujardin et Bérénice Béjo arrivent à s’exprimer sans paroles, juste avec leurs mimiques et leurs gestuelles. C’est une grande nouveauté également et une grande surprise qu’un film muet obtienne autant de succès à notre époque…

A.B

 

 

 

Les chroniques des Kane

Filed under: Romans — Mots-clefs :, — Invite @ 11 h 17 min

Chroniques des Kane :  T.1, La pyramide rouge, Rick Riordan

Albin Michel, 2011

 

Carter Kane vit avec son père Julius Kane, archéologue de renommée.

Sadie Kane, sa sœur, elle,  vit chez ses grands-parents maternels depuis l’âge de six ans, âge où elle a perdu sa mère et son frère âgé de huit ans. Carter et son père ne peuvent voir Satie que deux fois par an.

Un jour où ils allaient la voir, Julius se sent nerveux. Au moment où ils arrivent chez les grands-parents, Julius aperçoit un homme sur le trottoir d’en face, qui borde la Tamise. Il ordonne alors à son fils d’aller chercher sa sœur et de l’emmener au taxi. Après une dispute entre l’homme mystérieux et Julius, ils font route vers le British Museum, où Julius veut étudier la Pierre de Rosette. Le conservateur du musée les accueille et les laisse seuls dans la salle. Les enfants doivent alors enfermer le conservateur et s’enfuir. Désobéissant aux ordres de leur père, ils retournent dans la salle où est resté leur père, et découvrent qu’il est en fait magicien.

Julius délivre cinq dieux égyptiens et fait exploser la Pierre de Rosette. Seth, dieu du chaos, l’emprisonne dans un coffre, sous les yeux de Sadie et Carter, impuissants.

Commence alors pour Sadie et Carter, accompagnés de Muffin, la chatte de Sadie, une aventure qui les mènera en Amérique du Nord et jusqu’au cœur de l’Égypte.

 

J’ai aimé ce livre car il est bien écrit, avec une touche d’humour, il m’a aussi beaucoup appris sur la mythologie égyptienne.

L’auteur, Rick Riordan, nous plonge, grâce à  ce premier tome des chroniques des Kane, au cœur de la mythologie égyptienne, emplie de mystères.

A suivre…

10 décembre 2011

Tintin et le Secret de la Licorne

Filed under: cinéma — Mots-clefs :, , — Invite @ 16 h 32 min

Les Aventures de Tintin : le Secret de la Licorne / Steven Spielberg et Peter Jackson, avec Jamie Bell, Andy Serkis, Daniel Craig. Colombia Pictures, 2011

 

Nous retrouvons le célèbre reporter et son fidèle chien sur grand écran pour une adaptation du Secret de la Licorne.

Dans une brocante, Tintin achète la maquette d’un navire du XVIIe siècle. Ce bateau et ses mystères vont l’entraîner dans des aventures haletantes à travers le monde. Il se lance alors dans une course au trésor avec Milou, le capitaine Haddock et les policiers Dupond et Dupont. Trouvera-t-il le secret que renferme la Licorne ?

Le film a été entièrement tourné en studio avec des caméras numériques ce qui donne un résultat surprenant. On retrouve les personnages presque tels qu’ils ont été dessinés par Hergé mais on peut reconnaître certains acteurs qui ont prêté leurs corps.  Seul Milou a été entièrement créé par ordinateur.

C’est une merveilleuse prouesse signée Spielberg avec de l’action et de l’humour au rendez-vous. L’intrigue est bien respectée et on remarque quelques clins d’œil amusants à d’autres albums de Tintin. Une trilogie est prévue par Steven Spielberg et Peter Jackson après le succès rencontré en Europe et aux États-Unis. Un film à voir et des albums à relire!

Menou

18 novembre 2011

Adopage le club : sélection SF

Filed under: Romans — Mots-clefs :, , , , — Sebastien @ 17 h 32 min


club spécial Science Fiction

Comme l’annonçait si bien Rod Serling. « Nous sommes transportés dans une autre Dimension. Une Dimension faite non seulement de paysages et de sons, mais surtout d’Esprit. Un voyage dans une contrée sans fin dont les frontières sont notre imagination. Un voyage au bout des ténèbres où il n’y a qu’une destination : La Quatrième Dimension ! Flippant non ? Alors les jeunes mordus d’ovni, de créatures extra-terrestre, de mondes parallèles, d’uchronie, de fantasy… avaient rendez vous samedi 19 novembre à la bibliothèque. Retour avec cette…

… petite sélection proposée par Angélique et Sébastien

 David Almond, Le jeu de la mort, Gallimard, Scripto, 2003

Kit Watson a emménagé à Stoneygate,  ancienne ville minière, suite au décès de sa grand-mère. Lui et sa famille vivent désormais avec le grand-père pour ne pas qu’il reste seul. Kit est très vite sollicité par une bande menée par John Askew, c’est une des filles de la bande, Allie Keenan, qui va le faire rentrer dans le cercle. Kit est alors initié au rituel du groupe d’amis qui se passe dans un terril, « le Jeu de la Mort ».  Une fois sa première expérience de la mort passée rien ne sera plus pareil pour Kit. Son imagination est comme surdéveloppée, Kit est comme envahi par les souvenirs que lui racontent son grand père sur le travail à la mine au point que Kit ne semble plus distinguer le passé du présent, et s’enferme dans un monde peuplé de spectres et de fantômes.

 

Un très beau texte qui évoque la vie à la mine, la transmission, la mort et les liens solides de la famille et de l’amitié. Le climat de Stoneygate et les épisodes fantastiques nous glacent les os!!

 

David Almond, Glaise, Gallimard, Scripto, 2008

« Je suis à toi, maître. Dis moi ce que je dois faire »

Comme d’habitude Davie se confesse. Comme d’habitude, le père O’Mahoney donne l’absolution. Comme d’habitude, sitôt les « avé maria » et autres « pater » récités, Davie retrouve Geordie, son meilleur ami, pour alimenter la prochaine séance de confession. Ces deux angelots servant avec sérieux la messe ne répugnent pas, bien au contraire, à relever les bras et serrer les poings lorsque Mouldy chef de bande de la ville voisine se risque à traîner un peu trop près de leur repère. En dehors de ça ; les deux amis ne sont jamais à court d’idées pour faire les 400 coups comme voler des cigarettes ou le vin de messe.

Un jour Stephen Rose s’installe dans la maison de Mary dite Mary-la -folle. Cette grenouille de bénitier qui depuis longtemps guette l’arrivée des anges sur Terre recueille son petit fils exclu de l’école de prêtrise. Issu d’une famille de « cinglés » ce mystérieux jeune homme attire les commentaires et les rumeurs les plus insensées. Stephen s’en moque, ils ne sont que des « dégénérés qui mènent le monde à sa perte ».

Persuadé d’être créateur et rédempteur ce messie s’imagine pouvoir imposer aux hommes le moyen de croire en Lui puisque Dieu est mort en 1944. Il entreprend alors de façonner un monde à son image. Il manipule la glaise et fort de son pouvoir il donne vie à des figurines. En attendant de sauver le monde il parvient à convaincre Davie de l’aider à accomplir sa mission et pour cela de créer son Oeuvre : un monstre de glaise.

L’éditeur ne trompe pas ses lecteurs en indiquant que ce roman est fascinant et obsédant. Je rajouterai : inquiétant. L’angoisse est permanente pendant la lecture de ce roman de David Almond où il est question du bien et du mal, de dieu et du diable. Et si Stephen manipule son monde nul doute que David Almond réussit aussi à manipuler ses lecteurs avec une force démoniaque. On plonge dans des univers parallèles où se côtoient Edgar Alan Poe, Stephen King, le docteur Frankenstein, le Golem et les écrits des apôtres. Une terrible descente en Enfer… Avec une possibilité de retour ? Atmosphère, Atmosphère…

John Connolly, Les portes, L’Archipel

Samuel, 11 ans, vit seul avec sa mère quelque part en Angleterre. Petit garçon calme et excentrique à la fois, il est toujours accompagné de son fidèle chien Boswell. Samuel sait se faire remarquer, avec son imagination débordante il surprend ses camarades et ses professeurs qui ont du mal à le croire quant à sa mère elle souhaite carrément lui interdire certaines lectures. Alors lorsque Samuel se pointe chez ses voisins, les Abernaty au 666 trois jours avant Halloween pour être sûr d’avoir des bonbons, il découvre qu’ils ont des pratiques obscures mais personne ne va le croire quand il va raconter ce qu’il a vu. Pendant ce temps en Suisse des scientifiques qui travaillent sur « le pourquoi du comment » du  Big-bang rencontrent des problèmes avec leur collisionneur qui en perdant une pièce a ouvert une porte dans l’univers. Malheureusement cet évènement n’est pas sans lien avec ce que Samuel a vu chez ses voisins, puisque cette porte est celle de l’Enfer !!!

Un roman qui s’adresse aux plus jeunes, même si l’auteur inonde le lecteur avec les notes de bas de page sur la théorie du bigbang, les détails sur le collisionneur, etc, mais ouf on peut facilement se passer de la lecture de ces notes puisque l’histoire est vraiment facile à suivre. L’écriture est parfois humoristique  l’auteur fait « un savant » mélange entre explications scientifiques et « loufoqueries  monstrueuses », Samuel est un merveilleux petit bonhomme très attachant et surtout le duo de monstres Nouilh et Trouilh est totalement burlesque !

 

Guillaume Guéraud, La brigade de l’oeil, Le Rouergue, 2007. (DoAdo. Noir)

Imaginez. Nous sommes demain. Pas si loin. Encore au XXIè sicècle

Regardez un peu. Seulement un peu.

Etes vous certain de bien voir ?

Bien pas dans le sens d’une bonne vision.

Bien pour savoir si vous ne risquez rien.

« Voir » est devenu dangereux.

Tout voir est désormais interdit.

Voir une image est devenu un délit depuis la loi de Bradbury de l’an 2037.

La sanction : la cécité.

Vous n’y couperez pas. L’impératrice Harmony règne d’une main de fer absolue depuis la Révolution. A ses côtés des fonctionnaires-commandos menés par Falk sont prêts à tout pour imposer la Loi. Armés jusqu’aux dents avec des lance-flammes ils pourchassent les délinquants. Plus la moindre image, plus de télévision, plus de cinéma la brigade de l’œil y veille.

Son rôle est d’interpeller et de brûler la rétine des contrevenants. Kao le sait. Pourtant ce lycéen de 15 ans prend les risques et… deale les images maudites.

Du Guéraud dans le style, dans le ton, dans les thèmes abordés. Un rythme endiablé, une écriture cinématographiée, un roman de science fiction percutant, choquant, dérangeant comme souvent. Ce (pour une fois) long texte de Guéraud détonne dans le roman dit pour ado. Une romance à la Roméo et Juliette dont l’on devine la gravité, un rapport entre le bien et le mal secoué et perturbant, une réflexion sur la censure, le totalitarisme et un immense hommage (comme toujours) au cinéma !

Et n’oubliez pas : « la télévision est un poison »

 

Patrick Ness, Le chaos en Marche : La voix du couteau T.1, Gallimard Jeunesse

C’est l’année de ses treize ans et, dans un mois, Todd Hewitt va devenir un homme. Il est le dernier garçon de Prentissville. Cette ville de Nouveau Monde est uniquement peuplée d’hommes. Depuis longtemps, toutes les femmes et les enfants ont disparu. A Nouveau Monde, chacun peut entendre les pensées des autres, qui circulent en un brouhaha incessant,

le Bruit :

Viola          Todd Hewitt                   Prentissville             Nouveau Monde           Ben               Cillian                    Aaron          Femme         Homme                                 Manchee               Mouton             Couteau               Marais               Crocodile               Fuir              Spakle              Vaisseau                Livre                Ferme              Virus           Mort            Garçon            Fille               Purain                Feuttue               Paix                                             Popo

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nul ne peut échapper au Bruit, nulle part, jamais…

 

Jean-Claude Mourlevat, Terrienne, Gallimard jeunesse, 2011

Nous sommes dans la Loire (département où vit l’auteur), près de Montbrison.
Anne, 16 ans part à la recherche de sa soeur aînée, Gabrielle, disparue le jour de son mariage.

Anne se doutait que Jens, l’homme que Gabrielle allait épouser lui ferait du mal, elle le voyait dans ses cauchemars. Ca fait maintenant un an que Gabrielle a disparu, on ne sait rien, mais Anne reçoit un jour un message de sa soeur par le biais des ondes radio qui l’appelle au secours et lui dit se trouver à Campagne. Anne part alors à la recherche de ce lieu: Campagne, il semblerait que ce soit un lieu-dit qu’annonce une pancarte près de Montbrison, mais Campagne s’avère en fait être un passage vers un autre monde. Avec l’aide d’un vieil écrivain désabusé, Etienne Virgile, qui joue les taxis pour Anne, elle va passer de l’autre côté. Cet autre monde est complètement aseptisé : de la saleté, de la maladie, mais aussi des émotions et même de la respiration. Anne va bénéficier de l’aide de deux complices qui sont des « hybrides » : Madame Stormiwell, femme de chambre, et Bran, qui fait partie des soldats, Anne l’ avait déjà rencontré lors du mariage, tous deux vont l’aider à retrouver Gabrielle pour la ramener sur Terre.

Dans ce texte proche de la science-fiction, Mourlevat aborde une nouvelle fois les thèmes qui lui sont chers : l’amour, la fratrie, la trahison et la liberté sur fond de monde parallèle. L’auteur nous embarque dans ce drôle de monde, on y croit, c’est bien construit, bien trouvé, ça tient la route, on s’interroge sur ce qu’est « être un humain ». Le rythme est soutenu, le suspens est intense, on ne le lâche pas jusqu’à la dernière page.

Mourlevat y intègre de nombreuses références littéraires comme l’écrivain Étienne Virgil, parallèle à Virgile, le poète. Référence à Barbe Bleue, avec Anne qui était aussi le prénom de la femme de Barbe bleue qui découvre que son mari a tué ses anciennes épouses mais aussi référence à la Shoah avec Estrellas (étoiles en espagnol) lieu où on emmène les morts et ceux dont on ne veut plus.

 

Pfeffer, Susan BethChroniques de la fin du monde ; 1 Au commencement, Pocket jeunesse, 2011.

C’est un événement quasi unique dans l’histoire ! Un astéroïde se dirige en direction de la Lune. Nulle inquiétude selon les scientifiques et les politiques. Alors quoi de plus normal que d’attendre et vivre cet événement. Nul impact.

Plutôt détachée de cette effervescence Miranda, collégienne de 16 ans, se préoccupe davantage de sa petite vie, ses amours, ses passions qu’elle exprime dans un journal intime. Elle y évoque ses projets d’avenir.

Le grand jour est arrivé. Tous les yeux sont rivés vers le ciel ou sur les écrans de télévision du monde entier. 5-4-3-2-1 impact ! Impressionnant ! Chacun retient son souffle. Des effusions, des applaudissements et la vie reprend son cours.

Sauf que les calculs des astrophysiciens n’avaient pas tout envisagé : la lune est déviée de son orbite. Les premiers effets sur l’écorce terrestre ne se font pas attendre. Soubresauts, tremblements de terre, tsunamis, dérèglement climatique… le chaos s’installe, l’apocalypse s’annonce.

Coupures d’électricité, rationnement alimentaire, rareté des moyens de communication, cotes et terres immergées ne laissent pas entrevoir un répit. D’autant que la Lune ne cesse de s’approcher. De toute évidence la fin du monde ne fait que commencer !

Miranda, sa mère, ses 2 frères doivent désormais survivre. Mais comment, jusqu’à quand, pourquoi ?

Grâce au journal intime Miranda relate au jour le jour les effets de ce drame. Entre sa mère instinctivement obsédée par la protection de ses proches, une vie quotidienne qui n’a désormais plus d’intimité, Miranda souffre. Sa vie d’adolescente insouciante, les petits copains, les amis, les cinés, l’université tout est fini. Autour d’elle certains tentent de gagner des terres que l’on pense protégées, d’autres meurent, d’autres restent cloîtrés. La méfiance gagne les survivants. Le danger ne vient plus seulement du ciel mais aussi des rescapés entre eux.

Ce roman catastrophe illustre l’effet de mode de la dystopie qui abonde dans la littérature actuelle. Roman sur la fin du monde, la fin de notre monde vue et commentée par une adolescente qui oeuvrera et consacrera son peu de force et d’énergie pour supporter… l’insupportable.

Une belle surprise ! Un roman prenant, intense, nerveux. L’auteur réussit à rendre physique les cataclysmes. Le lecteur subit comme les rescapés les effets de la déviation de la trajectoire de la Lune. Vous suffoquerez en même temps que les personnages. La suite est prochainement disponible à la bibliothèque et ohhhhhhhh vous serez particulièrement désarçonné. Par quoi ? Jetez donc un œil dans le premier volet et ensuite scrutez l’horizon.

 

Westerfeld Scott, Léviathan, Pocket Jeunesse, 2010

Le 28 juin 1914 l’archiduc François-Ferdinand est assassiné. Ainsi débute la Grande Guerre. Mais connaissiez vous vraiment l’histoire ?

En presque réalité l’archiduc n’a pas été assassiné par un étudiant mais empoisonné. En presque réalité son fils Aleksandar se retrouve vraiment en danger. Pour l’aider, ou plutôt le contraindre à s’exiler en Suisse, son précepteur le comte Voger et son maître d’arme Klopp l’embarque de nuit dans un Sturmganger.

Dans cette sorte de « Transformer » du début du XXè siècle  l’équipage pousse au maximum de ses capacités techniques cette arme mécanique qui fait la fierté des Clanker. Dans cette Europe en proie au cataclysme la machine maîtrisée par les Clanker s’oppose au camp du darwinisme et ses étranges créatures organiques vivantes.

Chez les Darwinistes, à Londres, une jeune fille prénommée Deryn ne songe qu’à une seule chose : intégrer l’air service britannique. Seulement c’est une fille ! Trichant sur son nom et optant pour un prénom de garçon elle parvient à intégrer ce corps d’armée. Rapidement repérée grâce à  son habilité elle intègre l’équipage du Léviathan. Cette étrange machine immense ressemble à une sorte de baleine de taille exceptionnelle et volante fonctionnant avec un écosystème qui lui est propre. Armes biologiques d’un côté, armes mécaniques de l’autre l’affrontement est imminent. A bord du Léviathan un précieux contenu mystérieux : des œufs ! Veillés par la petite fille de Darwin. Nouvelle arme ?

Le vol n’étant pas sans embûche l’aéronef plit sous les assauts des Clankers et amerrit en catastrophe dans les hauteurs alpines au moment ou Alek prend refuge à proximité.

Roman Uchronique, Scott Westerfeld raconte l’Histoire à sa manière particulière. A lire c’est impressionnant. Vif, précis, dynamique la première partie du texte insiste sur la précipitation des événements avec des chapitres mettant en parallèle les deux héros. Ce roman richement illustré par Keith Thompson est un subtil mélange de Jules Verne et de Georges Orwell. Une trilogie est annoncé.

Enfin l’auteur a l’ingénieuse idée de revenir vers la réalité en proposant à ses lecteurs, à la fin de sa première partie, un rapide et bienvenu cours d’Histoire, la vraie cette fois.

 

Des avis, des commentaires, ce blog est à vous !


 

 

 

 

 

25 octobre 2011

Le petit sommeil

Filed under: Romans — Mots-clefs :, , — angelique @ 10 h 48 min

Le petit sommeil /  Benjamin et Julien Guérif
Syros, Rat noir

Pierre, en classe de seconde, est un garçon très solitaire qui vit seul avec sa mère. Au lycée  ses camarades ont déjà trouvé l’entreprise où ils  effectueront les stages, Pierre lui n’a même pas commencé à chercher. Alors, pris de court il annonce devant toute la classe qu’il passera son stage à la maison de retraite où sa mère est aide-soignante.

Pierre commence alors son stage, il accompagne Michaël, un des médecins, dans ses tournées aux malades, et très vite l’un d’eux retient son attention, M. Braun. En effet ce dernier qui n’adresse pas la parole au personnel semble s’intéresser à Pierre.

Ces deux là vont en fait « se trouver », chacun se sentant abandonné de tous,  se serrer les coudes et tisser des liens très forts. Sous prétexte que M. Braun aide Pierre en français autour de l’œuvre du Cid que Pierre lit actuellement pour le lycée, les deux passent beaucoup de temps ensemble ce qui ravit la mère de Pierre. Cependant M.Braun a d’autres intentions : utiliser Pierre pour lui faire acheter de l’alcool qu’il fera entrer dans sa chambre au risque de faire renvoyer sa mère et de se faire lui-même renvoyer de son stage.

M.Braun demandera à Pierre d’aller beaucoup plus loin, de le faire sortir de la maison de retraite. Pierre accepte et contre toute attente se retrouve alors en cavale avec M.Braun !

Un roman touchant qui au départ semble vouloir nous embarquer dans le bon sentiment. Au fil de la lecture on se range même du côté de la mère et des médecins, pensant à notre tour que M.Braun manipule Pierre. Hors  on découvre avec émotion les réelles intentions de M.Braun.

Un beau dénouement qui est pour le moins surprenant. Une belle surprise !

Benjamin et Julien Guérif, fils d’un des spécialistes du polar en France François Guérif, semblent avoir hérité du talent de leur père. Premier roman qu’ils écrivent ensemble et qui on l’espère en annonce bien d’autres !

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